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15/11/2008

La friterie de course carbure à l'huile

Nouvelle frite.JPGOn le croirait tout droit sorti de l'imagination d'un adepte de power ranger. Un hybride jaune, mélange de baraque à frites et de voiture de course à quatre roues motrice, devrait s'aligner au départ du Dakar 2009.

La « ch'ti friterie », montée sur un moteur Toyota pick up réputé pour sa robustesse, se doit de rouler à l'huile, d'après le « Ch'ti team » aux commandes de la friterie en question. Le « Ch'ti team », c'est l'équipage du véhicule : Hervé Diers, pilote qui vivra son huitième Dakar à l'occasion, et François Béguin le copilote, qui a un Dakar d'avance sur son partenaire. L'assistance se compose de Jean-Jacques Finot et Dominique Dupont. La friterie n'est pas sensée finir dernière. Mais le sport n'est pas tout pour ces concurrents amateurs : cette friterie a un programme chargé. Elle doit amuser les enfants malades par le parrainage des « clowns de l'espoir », association financée à hauteur d'un euro par kilomètre. Les entrepreneurs de l'équipe profiteront du voyage pour tester la solidité du matériel (friterie Hedimag – friteuse Sofinor, fournisseurs de Bienvenue chez les Ch'tis). Défendre l'image des entreprises du Nord et rendre hommage « à la culture, au patrimoine et à l'identité Ch'ti » n'est pas le moindre de leurs soucis. Pour finir, la friterie de course souhaite médiatiser l'usage de l'huile comme carburant.

Cuisine à l'huile

Leur idée, qui leur est « venue naturellement avec le thème de la friterie », devrait permettre de montrer « qu’il est possible de faire des performances en utilisant un minimum de pétrole ». Hervé Diers parle de compléter le diesel par de l'huile de colza à hauteur de 10%. « C'est relativement simple, et à ce stade, cela ne nécessite pas de modification du moteur. Un simple mélange », indique t-il, signalant que de nombreux participants utilisent déjà des mélanges incluants entre 10 et 30% d'huile végétale selon les moteurs. Une énergie moins polluante puisque ces mélanges permettent une diminution consistante du CO2 émis. Les biocarburants ont donc bonne presse sur le Dakar. « Ce projet peut améliorer l'image du rallye, souvent plombée par la pensée de la pollution », admet le pilote du « Ch'ti team ». Et il n'y a pas d'huile sans friture : d'ailleurs, la friterie proposera des frites fricadelles à chaque bivouac. De quoi remplir les estomacs autant que le réservoir !

Elisabeth Laneyrie

Nouveaux conseils de quartier, les habitants au pouvoir ?

« Lille est la ville du dialogue et de la participation des habitants à la vie de la cité », annonce la brochure de la mairie de Lille sur la démocratie participative. Premier niveau de participation des Lillois : les dix Conseils de quartiers. Grande nouveauté depuis l’élection du Conseil Municipal au printemps, le collège des habitants est tiré au sort et représente un tiers des conseillers, contre un quart auparavant. Un pas de plus dans l’implication des citoyens à la vie politique et de deux à quatre habitants supplémentaires selon les quartiers.

Depuis mai, trois conseils sont passés. L’heure d’un premier bilan a sonné. « Sur les dix, quelques uns ne sont pas encore installés », concède Walid Hanna, conseiller municipal en charge de la démocratie participative. « Au dernier Conseil Municipal, il manquait sept à huit personnes », indique Dominique Plancke, élu vert. En cause, le refus de certains habitants tirés au sort de siéger et quelques démissions en cours de mandat. Pour les prévenir, la mairie a sorti dix fois plus de noms.

Dans le Vieux-Lille par exemple, les neufs habitants ont accepté d’emblée, mais deux ont démissionnés depuis : « Un n’est jamais venu […] un autre nous a écrit qu’il ne c’était pas rendu compte de l’importance du travail », explique Marc Bodiot, président du Conseil de Quartier. Ces absences n’entament pas pour autant le bon fonctionnement des conseils constitués pour les deux-tiers restants par des membres désignés par le Conseil Municipal et des représentants des associations.

« Aucun pouvoir de décision »

Être membre du conseil confère aux citoyens des responsabilités et un vrai pouvoir politique, met en avant la mairie. « Le Conseil de quartier ne donne pas que des avis. Aucune décision sur le quartier ne peut passer au Conseil Municipal sans lui », avance Walid Hanna. Propos repris en écho par le président du Vieux-Lille : « Ce n’est pas un poste honorifique. Le conseil a un véritable pouvoir de décision, étant donné qu’il a un budget décentralisé notamment pour octroyer des fonds aux associations. » Un budget à hauteur de 240 000€ pour le secteur historique de la métropole, mais différent selon les quartiers.

De leur côté, les habitants sont plutôt satisfaits de leur nouveau rôle, mais ne se font pas d’illusions. « Notre rôle est très intéressant. Mais nous n’avons aucun pouvoir. Les idées se créent ici et s’en vont en mairie », souligne Daniel Pouilly, membre du collège des habitants des Bois Blancs. Même son de carillon dans le Vieux-Lille pour René Louchart : « J’imaginais que je n’aurais aucun pouvoir étant donné que je n’étais pas élu même si mon rôle est plus large que je ne pensais. Au final, je ne suis qu’un vingt-septième des voix. »

Pour l’opposition municipale, l’Union Pour Lille, les Conseils de quartiers, et par extension, l’habitant n’a « aucun pouvoir de décision. » Si pour Brigitte Mauroy, conseillère municipale, « la démocratie participative n’est pas une mauvaise idée », l’élue de La Gauche Moderne ajoute : « elle est  mise à mal dans le quartier. Dans certains, les infos ne remontent pas jusqu’à la mairie. Le plus important est que l’information passe du conseil de quartier au conseil municipal. Or l’information ne se déplace pas dans ce sens là. »

À l’hôtel de ville, les conséquences seront tirées à mi-mandat. « Il faut se laisser jusqu’à février-mars le temps de prendre du recul et de bien observer », se justifie Walid Hanna. Rendez-vous est pris.

Maxime Marchon

12/11/2008

Quel cirque !

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Un petit château de style médiéval, un étang et quelques oies : bienvenue au Centre de formation régional des arts du cirque de Lomme. Dans la cour pavée du château, quatre chapiteaux côtoient de jeunes jongleurs et de nombreux enfants.

Car aujourd’hui 22 octobre, c’est mercredi. Dans le chapiteau jaune, Elsa dispense son cours de circomotricité à des enfants de 4 ans : « Je n’enseigne pas des techniques précises. C’est une initiation à la découverte de leur corps. » Au son d’une musique latine enjouée, les dix enfants s’exercent avec de petits cerceaux. Ils se relaxent ensuite à l’aide d’une musique plus douce. Le cadre du chapiteau est essentiel : « Ce n’est pas un cours de jonglage dans une vulgaire salle de sport. Les enfants qui viennent ici viennent au cirque », confie Elsa. A l’entrée du chapiteau, Valérie regarde évoluer sa petite fille : « C’est une activité ludique qui demande à la fois de la rigueur et de la légèreté. Ils sortent d’ici défoulés et détendus. » En effet, Loanne quitte le cours le sourire aux lèvres.

De l’autre côté de la cour, une douzaine d’enfants de 6 ans sont déjà au niveau supérieur. Avec Hugo, ils s’initient à l’équilibre sur objet au son d’une musique de Yann Tiersen. Un groupe découvre le funambulisme, un autre l’équilibre sur boule et le dernier l’équilibre sur rouleau. Hugo explique l’intérêt de son cours : « Les enfants sont sensibilisés aux cinq grandes familles du cirque : la jonglerie, l’équilibre, l’acrobatie, l’aérien et l’expression corporelle. C’est en sortant de notre cours que les enfants savent s’ils aiment vraiment le cirque. » Le petit Steven par exemple, n’aime pas marcher sur le fil. Ça fait mal aux pieds. Il préfère la boule. « De toute façon, il vient à l’école du cirque pour faire le clown », affirme sa maman.

L’école de cirque de Lomme reçoit ainsi plus de 800 élèves dans son cursus amateur. Grâce aux nombreuses interventions dans les écoles, les centres de loisirs ou les instituts pour handicapés, environ 10 000 personnes de la région lilloise découvrent les arts du cirque chaque année. Depuis 1999, le centre dispose également d’une formation professionnelle en trois ans agréée par la Fédération Française des Ecoles de Cirque (FFEC).

Ce matin, les 40 élèves de la formation sont réunies dans le chapiteau marron pour le cours de préparation physique. Chacun prépare son numéro : diabolo, mât chinois, portés en couple, cheval d’Arçon. « J’aimerais travailler dans le cirque de rue. Cette formation est un accélérateur pour acquérir les meilleures techniques et trouver ensuite un emploi », déclare Jacky, étudiant jongleur de première année.

D’ailleurs, l’un des codirecteurs du centre, Pascal Croain, est fier du parcours de ces anciens étudiants : « Plusieurs sont aujourd’hui dans de grandes compagnies européennes et dans les plus grandes écoles de cirque du monde, à Berlin ou Montréal ». De son côté, Jacky reste lucide sur son avenir : « C’est un métier précaire. Mais je crois en ce que je fais. Je ne suis pas ici pour gagner de l’argent mais pour vivre de ma passion. »

Damien Deparnay

10:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cirque, loisir, jeux, art, enfants

 
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