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21/11/2008

Les élections européennes de 2009 divisent le Front national

« Je ne peux pas accepter de figurer en deuxième place derrière quelqu’un (NDRL : Marine Le Pen) en qui je n’ai aucune confiance, ni politique, ni technique, ni humaine », affirme Carl Lang, élu du Front national (FN) dans la région du Nord-Pas-de-Calais et eurodéputé. Jeudi 13 novembre, il a annoncé le maintien de sa candidature pour les élections législatives européennes de 2009 face à Marine Le Pen. C’est elle qui conduira la liste de la grande région Nord-Ouest (Picardie, Normandie et Nord-Pas-de-Calais), officiellement investie par la commission d’investiture du Front national.

En tant que conseiller du Nord-Pas-de-Calais depuis 1992, Carl Lang considère qu’il est plus légitime à mener une liste du Front national pour les européennes. « Je ne fais pas campagne contre Marine Le Pen, c’est elle qui vient faire campagne contre moi », précise-t-il. Pour lui, l’élection de Marine Le Pen au Conseil municipal de Hénin-Beaumont en mars dernier ne suffit pas à lui donner une légitimité. Carl Lang regrette cette situation : « j’aurais préféré mener cette bataille politique avec le soutien du mouvement auquel j’appartiens depuis 30 ans. »

Un manque d’engagement sur le terrain

Marine Le Pen bénéficie aussi de soutiens dans la région. « Carl Lang a fait un mauvais choix, pourtant jusqu’ici il avait toujours respecté les décisions du parti. Mais maintenant que les masques sont tombés on va pouvoir repartir sur de bonnes bases », précise Steeve Briois, tête de liste FN à Hénin-Beaumont.

Certains militants reprochent à Carl Lang son manque d’engagement sur le terrain : « Marine est beaucoup plus présente, confie un militant du Pas-de-Calais, Lang, on ne le voit que dans les élections à la proportionnelle comme les régionales ou les européennes, car là il est sûr d’avoir un siège. C’est pour ça qu’il ne voulait pas être second sur la liste. » Mais cet avis n’est pas partagé par tous les militants du Nord-Pas-de-Calais. « Elle est plus lisse que les autres cadres du parti, ça passe mieux dans les médias mais on perd en crédibilité vis-à-vis d’une grande partie de l’électorat du FN. Il faut revenir à une ligne plus dure. Carl Lang incarne mieux les valeurs qui sont les nôtres », explique René Declercq, un militant de Tourcoing.

Une double opération

Carl Lang affirme que la fille du leader du parti fait d’une pierre deux coups dans cette opération. « C’est un abandon de poste, elle fuit les électeurs d’Ile de France, région dont elle est l’élue européenne depuis 2004 », affirme-t-il. Le Nord-Ouest lui serait potentiellement plus favorable. Il parle également de « purge marinienne » visant à éliminer les potentiels successeurs à Jean-Marie Le Pen à la présidence du parti. « Jean-Marie Le Pen a cédé aux caprices de sa fille » affirme-t-il.

Lundi 17 novembre, le bureau exécutif du FN a suspendu Carl Lang de ses foncions : « La suite logique est l’expulsion. Mais je me suis laissé le temps de la réflexion. Je ne regrette pas ma décision », conclut le conseiller régional.

Virginie Charpenet

19/11/2008

Dépollution des friches Kuhlman : les riverains attendent des explications

Rue du Sartel à Roubaix. Alors que la 1ère étape des travaux de dépollution de l’ancienne friche Kuhlman s’achève dans quelques mois, plusieurs points inquiètent les riverains.

D’ici à la fin de l’année, les boues les plus toxiques (contenant du PCB et des métaux lourds)extraites du canal de Roubaix devraient être stockées à quelques centaines de mètres de là, non loin d’une école primaire. « On ne comprend pas pourquoi toutes les boues n’ont pas été mises sur le terril de phosphogypse, résume Roger Sinko, président de l’association de défense du Sartel-Carihem. Il n’y a pas d’habitation à côté, contrairement à ici. On craint des conséquences sur l’hygiène et la santé des écoliers ». La communauté urbaine de Lille se veut pourtant rassurante. « Après avoir traité les boues, nous ne les mettrons dans cette zone de stockage que si elles respectent les seuils définis par les arrêts préfectoraux » affirme ainsi M. Démezière de la cellule de communication.

Confiner la pollution

La question des deux terrils pollués au chrome est tout autant sensible. À l’heure actuelle, les impacts de la pollution y sont maîtrisés grâce à un confinement dont le coût s’élève à 700 000 euros. L’option retenue pour y pallier est basée sur de la bioremédiation : en injectant de l’eau qui contient de la mélasse -un résidu de sucre- les bactéries du chrome 6 vont être transformées en une forme moins toxique et non cancérigène : le chrome 3. D’ici peu, Rhodia, l’entreprise propriétaire des deux terrils, devrait commencer les premiers essais grandeur nature. Bernard Truant, militant au sein de Cap 21 Nord-Pas-de-Calais, s’inquiète pour le long terme. « Si les teneurs baissent, quelles garanties avons-nous que cela ne sera pas réversible ? La membrane qui confine les substances toxiques grâce à plusieurs couches d’argile et de matériaux résistera-t-elle au temps ? Quelle maintenance sera assurée ? » s’interroge-t-il.

La nature reprendra ses droits

Le 13 novembre, l’Etablissement Public Foncier Nord-Pas-de-Calais, en charge de mener concrètement les opérations de dépollution, devrait pouvoir rassurer les riverains. « Après presque 100 ans d’activités chimiques, il est illusoire de croire qu’on va reconstituer l’état originel des sols, défend Didier Huit-Marchand, chargé des études et des travaux au sein de l’EPF. Mais nous en maitrisons aujourd’hui les impacts sanitaires et environnementaux. Il s’agit vraiment d’un projet de reconquête environnementale pérenne ». Après le confinement des sources de pollution par Rhodia et l’EPF, la Communauté Urbaine de Lille entamera sa réflexion dés début 2009 sur le traitement paysager. A terme, l’objectif est de requalifier ces anciennes friches en un nouvel espace naturel métropolitain qui devrait à la fois permettre aux familles de se balader et à la nature de reprendre peu à peu ses droits.

Catherine Bouteille

Après l’incendie, la navette du reclassement

« Après l’incendie, le tri c’est déjà reparti ». L’affiche de 14 mètres de long placardée sur la façade de Triselec à Halluin annonce l’objectif de l’entreprise : poursuivre l’activité.

Continuer le travail malgré l’incendie du 22 octobre qui a ravagé un tiers des bâtiments de ce centre de tri des déchets. « Il a été important pour nous de ne laisser personne sans emploi », explique Patrick Vandamme, directeur de la production à Triselec. Pas de chômage technique donc pour les 200 employés de l’entreprise.

Si une dizaine de salariés continuent de travailler sur le site d’Halluin, les autres ont été reclassés dans deux centres de tri de la métropole lilloise : au Port fluvial à Lille, et à Seclin. Pour faciliter le transfert de ces salariés vers leurs nouveaux lieux de travail, des navettes ont été mises en place par la direction.

Des navettes et des rencontres

Ce mercredi 5 novembre à 12h45, dix-huit salariés attendent la navette pour Lille devant l’entrée de Triselec. « Personne ne doit être en retard car le trajet en bus est compté dans le temps de travail », confie Raphael, chef d’équipe à Triselec. Le bus part donc à l’heure dans une ambiance très conviviale. Jean-Marie, Rachid, Anne-Marie, Azzedine et les autres profitent du trajet pour faire connaissance et plaisanter. « Le côté positif de cet incendie, c’est qu’on peut rencontrer des salariés qu’on avait pas l’occasion de croiser avant », se réjouit Josiane.

Les vingt minutes de trajet permettent à chacun de revenir sur cette situation exceptionnelle. Stéphane, tuteur et formateur des nouveaux salariés, applaudit la réactivité des dirigeants de l’entreprise : « Le feu s’est déclenché le mercredi, et dès le vendredi, le système de navette a été mis en place. Des réunions ont eu lieu pour organiser rapidement la répartition des salariés d’Halluin. »

Une habitude à prendre

Azzedine est lui aussi heureux de ne pas avoir perdu son emploi, mais il reconnaît : « C’est difficile de s’adapter du jour au lendemain à de nouvelles contraintes horaires et à de nouvelles façons de travailler. » Quelques détails déstabilisent les salariés: « Par exemple à Halluin, on allait aux toilettes librement, alors qu’à Lille, on doit être accompagné par le chef d’équipe », explique Stéphane. L’ensemble des salariés présents dans le bus parlent d’une ambiance plus stricte et moins familiale au centre de tri du Port fluvial, inauguré le 30 novembre 2007.

De leur côté, les employés de Triselec à Lille ont dû faire face à l’arrivée de nouvelles équipes. « Nous avons doublé nos effectifs et notre vitesse de travail. Nous devons aujourd’hui gérer 2300 tonnes de déchets par semaine, contre 1100 avant l’incendie », déclare Ibrahim, chef de production à Triselec Lille.

Mais cette situation est temporaire. Les travaux de reconstruction du centre d’Halluin devraient durer un an et le montant des dégâts est estimé à 15 millions d’euros. Rachid travaillait à Triselec Halluin depuis six ans : « Je suis attaché au site et j’ai vraiment hâte que tout redevienne comme avant. »

Virginie Charpenet et Damien Deparnay

 
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