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11/10/2008

Roms, l'histoire d'une errance sans fin

 

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En plein coeur de Lille, les campements de Roms se font et se défont à longueur de temps. Citoyens de l'Union européenne depuis 2007, ils n'ont pourtant de cesse d'être chassés sans ménagement des pays dans lesquels ils s'installent. Pour mieux comprendre leur situation, nous avons choisi de suivre une famille de Roms, semaine après semaine.

Chassés par les inondations...

Elle agite les bras pour écarter les curieux qui s'approchent. " Plus tranquille entre femmes ", me lance-t-elle avec un air rusé avant de traverser son nouveau village de fortune. Cette dame aux grands yeux noirs qui multiplie les gestes et les sourires, c'est Maria Popo. Comme de nombreuses familles, elle occupe un terrain abandonné, près de la Porte de Valenciennes à Lille. Un terrain qui a pris des airs de camps de réfugiés.

Il a plus le matin même. Le sol est boueux. Cela n'empêche pas les enfants de jouer ça-et-là. Les expulsions se sont multipliées ces derniers mois. Et il faut pouvoir déguerpir rapidement si la police arrive. Autour d'un café chaud et dans les volutes de fumée d'une cigarette roumaine, Maria Popo raconte sans quotidien. Quelques bribes de roumain et de français suffisent : " En Roumanie, il y a eu des inondations, se souvient-elle. Nos maisons ont été détruites. Et comme là-bas, les caravanes sont interdites. Nous sommes venus en France en bus. C'était il y a un an. "

...ils veulent maintenant rester en France

Maintenant, Maria Popo est bien décidée à rester. " Mes enfants ne veulent plus partir. Pour eux, la Roumanie c'est pire. Il y a beaucoup de racisme. Ici, on aura peut-être une maison un jour. Et des allocations... " Ces enfants qui semblent s'être habitués à la France, Maria les présente avec fierté. Il y a Darius (7 ans), Zara Maria (9 ans), Romulus (12 ans), David (15 ans) et Anieta (11 ans). Un coup d'oeil vers le camp. Maria poursuit : " Il y a beaucoup d'enfants ici. Derrière, dans cette famille, il y en a dix. C'est difficile. On manque de lait et de couvertures. Et il n'y a pas d'eau, ni d'électricité... "

Tandis que Maria décrit ses conditions de vie, des membres de l'AFEJI (une association luttant contre les exclusions) s'affairent et distribuent des couvertures au reste de la communauté. Mais aujourd'hui, l'inquiétude la plus forte concerne l'école. " On a tous inscrit nos enfants à l'école mais la mairie n'en veut pas. Elle a bloqué tous les dossiers. Personne ne comprend. On n'a pas de réponse... "

Anne-Sophie Terral

 

Martine Aubry justifie son emploi du temps

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Les Lillois savent où je suis. Ils savent ce que je fais ! "  Lors de sa conférence de presse de rentrée, jeudi 2 octobre, Martine Aubry, la maire (PS) de Lille ne s'est pas laissée démonter par les attaques de ses détracteurs. Car, depuis le dépôt de sa motion en vue du congrès du Parti Socialiste, la critique est acerbe dans l'opposition lilloise. " Martine Aubry s'était engagée durant la campagne des municipales à être un maire à temps plein, rappelle Sébastien Huyghe, chef de file de l'opposition (UMP) lilloise. Et dès le lendemain des élections, elle se concentre sur le national. "

Une large majorité

Pourtant membres de la majorité municipale, les Verts ont été les premiers à dégainer au sujet de cet éloignement. " Même si ça ne bloque pas encore, elle n’a pas la même disponibilité qu’elle pouvait avoir au début de son mandat ", affirme Dominique Plancke, conseiller (Verts) en charge du Patrimoine. D’autant que les dossiers sont là : renouvellement de la délégation de service public des transports en commun, réhabilitation de Lille-Sud, grand stade…

Avec une majorité large allant de l’extrême-gauche au centre, les élus craignent de perdre la concertation et les élaborations collectives, tant vantées lors de son premier mandat sous le beffroi, toujours selon le membre des Verts.

Des emplois pour Lille

Au Mouvement démocrate, on tente de calmer les esprits, histoire de prouver qu'on a bien rejoint le rang à l'issue des dernières municipales. " Elle n’a jamais été prise en défaut de connaissance de dossiers, tempère Jacques Richir, chef de file du Modem. Martine Aubry est très intelligente, elle est capable de travailler rapidement et beaucoup. " Travailler rapidement, beaucoup et toujours pour la Capitale des Flandres, selon la principale intéressée : " Je ne m’imagine pas sans mon action à Lille. C’est ce qui me permet de nourrir ma réflexion nationale. Tout est lié, je ne suis pas coupée en deux. "

Ainsi, lorsqu’elle se rend à Paris le mardi, ce sont les intérêts de la métropole qu’elle défend, affirme-t-elle. " Sans ces déplacements, comment voudriez-vous que des entreprises comme Décathlon ou les Galeries Lafayette s’installent à Lille ? Ce sont autant d’emplois pour la ville. "

Grégoire Orain, Catherine Bouteille et Yaël Goujon

Ci-dessous, l'interview de Rémi Lefebvre, chercheur en sciences politique.

 

" Maintenant, elle peut superviser les choses d'un peu plus loin "

Rémi Lefebvre est professeur en sciences politiques. Il revient sur les nouvelles ambitions de Martine Aubry et dresse un parallèle avec la méthode Mauroy.

Depuis juin, Martine Aubry affiche ses ambitions nationales au sein du Parti Socialiste. Comment les Lillois vont-ils réagir ?

Rémi Lefebvre : " Pierre Mauroy a eu une dimension nationale pendant très longtemps. Et les Lillois lui en ont fait crédit. L'opinion publique locale est favorable à la grandeur nationale de l'élu. "

Le local sert donc l'ambition nationale ?

R.L. " Evidemment. Et c'est pour ça que Martine Aubry s'était repliée sur Lille pendant quelques années. Elle avait fait une très grande erreur quand elle ministre du gouvernement Jospin :elle ne s'était pas du tout occupée de sa circonscription. Résultat, elle a été battue lors des législatives de 2001. Elle n'a pu s'engager nationalement que quand elle a été confortée localement. "

A contrario, le mandat national peut-il servir le local aussi ?

R.L. " En France, la dimension nationale d'un élu est un atout pour ses mandats locaux, puisqu'il obtient plus de financements ou qu'il a plus de pouvoirs vis-à-vis du Préfet. Même si dans le cas précis de Martine Aubry, il s'agit d'un mandat partisans, elle accumulerait plus de ressources institutionnelles, pour parler en termes de sciences politiques. Et c'est évident que cela aura des effets positifs sur la ville. "

L'absence de Martine Aubry a-t-elle une incidence forte sur la politique municipale ?

R.L. " Martine Aubry a consacré énormément de temps à Lille ces dernières années. Maintenant, elle peut superviser les choses d'un peu plus loin sans que cela ne change strictement rien. "

Propos recueillis par Grégoire Orain, Catherine Bouteille et Yaël Goujon

 

 

 

 
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