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10/12/2008

Renya, le metissage culturel à la togolaise

 « Chanter un morceau très gospel et insérer de la guitare saturée derrière », cela ne fait pas peur à Renya. Cette jeune chanteuse togolaise a présenté son dernier album Gake au Biplan, à Lille, le 6 décembre. L’occasion de découvrir une artiste dont le mélange des genres est la signature.

Son album en est la première preuve. Il résulte d’une association de styles musicaux différents : gospel, jazz et musique traditionnelle togolaise. Cet album est le fruit de deux rencontres essentielles : avec Georges Seba, le célèbre musicien camerounais, et Paul-Alain Fontaine, jeune pianiste nordiste. « Georges s’est occupé des morceaux vraiment gospel, en y ajoutant des sonorités africaines. Paul-Alain a composé et arrangé les titres aux sons plus occidentaux », explique Renya.

Sorti en 2007, l’album reçoit un accueil très favorable au Togo. Il lui permet de recevoir le Blekete d’Or du meilleur album spirituel, l’équivalent de nos Victoires de la musique. Si son nom est encore peu connu en France, autant dire que c’est une véritable star dans son pays natal : « Cela fait très plaisir d’être reconnue pour le travail que l’on fait. C’est un besoin vital de retourner au Togo au moins une fois par an pour y donner quelques concerts. »  

Renya est baignée de musique traditionnelle togolaise dès son plus jeune âge. Son grand-père est un pianiste reconnu. Elle est aussi bercée par la voix de Bella Bellow, « la première chanteuse togolaise à avoir fait des tournées en Afrique de l’Ouest. » Elle n’attend pas le déclic pour se mettre à chanter : « La musique a rapidement été une évidence pour moi. Mais mon père voulait que je fasse de longues études pour assurer une profession stable. » Renya finit par convaincre une mère banquière et un père commercial de la laisser chanter. « Aujourd’hui, ce sont mes  premiers soutiens », confie-t-elle.

Commence alors l’aventure nordiste : « Je n’avais pas de véritables notions de musique. J’ai intégré le Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes en 2004 pour perfectionner mon chant. Puis j’ai voulu m’ouvrir à d’autres choses : je me suis donc inscrite au Conservatoire de jazz de Tourcoing. J’habite à Lille depuis », raconte Renya. L’expérience française en elle-même participe à la formation musicale de la jeune artiste : « Les gens du Nord ont la même passion pour la musique que les Togolais. En revanche, on n’écoute pas du tout les mêmes choses. C’est ici que j’ai compris ce qu’était le rock. »

Renya se nourrit donc aujourd’hui d’influences très diverses. Pour le gospel, elle parle de Yolanda Adams ou Kirk Franklin. Pour le jazz, ce sont les grandes voix d’Ella Fitzgerald ou de Dee Dee Bridgewater qui la guident. Pour le reste, l’éclectisme est encore une fois de mise : « J’écoute même Beyonce et je n’en ai pas honte. Je pense que chaque artiste peut m’apporter quelque chose de par sa voix, sa musicalité ou sa personnalité. »

Et pour l’avenir, Renya est sereine. L’objectif est d’abord de présenter Gake dans le plus de salles possibles. Pour le prochain album, elle a envie de quelque chose de plus chaud, de plus rond, de plus africain en somme. Elle retravaillera avec Georges Seba et Paul-Alain Fontaine. « Mais si j’ai d’autres coups de cœur, je n’hésiterai pas à les intégrer au projet ».

 

 

Damien Deparnay

15:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : renya, biplan, gake, togo

 
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