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19/11/2008

Dépollution des friches Kuhlman : les riverains attendent des explications

Rue du Sartel à Roubaix. Alors que la 1ère étape des travaux de dépollution de l’ancienne friche Kuhlman s’achève dans quelques mois, plusieurs points inquiètent les riverains.

D’ici à la fin de l’année, les boues les plus toxiques (contenant du PCB et des métaux lourds)extraites du canal de Roubaix devraient être stockées à quelques centaines de mètres de là, non loin d’une école primaire. « On ne comprend pas pourquoi toutes les boues n’ont pas été mises sur le terril de phosphogypse, résume Roger Sinko, président de l’association de défense du Sartel-Carihem. Il n’y a pas d’habitation à côté, contrairement à ici. On craint des conséquences sur l’hygiène et la santé des écoliers ». La communauté urbaine de Lille se veut pourtant rassurante. « Après avoir traité les boues, nous ne les mettrons dans cette zone de stockage que si elles respectent les seuils définis par les arrêts préfectoraux » affirme ainsi M. Démezière de la cellule de communication.

Confiner la pollution

La question des deux terrils pollués au chrome est tout autant sensible. À l’heure actuelle, les impacts de la pollution y sont maîtrisés grâce à un confinement dont le coût s’élève à 700 000 euros. L’option retenue pour y pallier est basée sur de la bioremédiation : en injectant de l’eau qui contient de la mélasse -un résidu de sucre- les bactéries du chrome 6 vont être transformées en une forme moins toxique et non cancérigène : le chrome 3. D’ici peu, Rhodia, l’entreprise propriétaire des deux terrils, devrait commencer les premiers essais grandeur nature. Bernard Truant, militant au sein de Cap 21 Nord-Pas-de-Calais, s’inquiète pour le long terme. « Si les teneurs baissent, quelles garanties avons-nous que cela ne sera pas réversible ? La membrane qui confine les substances toxiques grâce à plusieurs couches d’argile et de matériaux résistera-t-elle au temps ? Quelle maintenance sera assurée ? » s’interroge-t-il.

La nature reprendra ses droits

Le 13 novembre, l’Etablissement Public Foncier Nord-Pas-de-Calais, en charge de mener concrètement les opérations de dépollution, devrait pouvoir rassurer les riverains. « Après presque 100 ans d’activités chimiques, il est illusoire de croire qu’on va reconstituer l’état originel des sols, défend Didier Huit-Marchand, chargé des études et des travaux au sein de l’EPF. Mais nous en maitrisons aujourd’hui les impacts sanitaires et environnementaux. Il s’agit vraiment d’un projet de reconquête environnementale pérenne ». Après le confinement des sources de pollution par Rhodia et l’EPF, la Communauté Urbaine de Lille entamera sa réflexion dés début 2009 sur le traitement paysager. A terme, l’objectif est de requalifier ces anciennes friches en un nouvel espace naturel métropolitain qui devrait à la fois permettre aux familles de se balader et à la nature de reprendre peu à peu ses droits.

Catherine Bouteille

 
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