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11/12/2008

Dofus, jeu internet non-identifié

 Dans le catalogue très restreint des jeux internet multijoueurs, Dofus fait figure d’ovni. Tandis que chez les concurrents on s’étripe à coups de hache dans un univers sombre et sanglant, sur Dofus, de petits personnages s’affrontent dans un monde coloré, presque féérique. Pas non plus besoin d’une machine de compétition pour jouer, il suffit de se connecter au site, d’installer un petit programme et de s’acquitter d’un abonnement mensuel de 5 euros. Un jeu décalé, mais plébiscité par les joueurs. « Une des choses qui m'a intéressé, c'était le graphisme. Le coté très manga des personnages. C'était plaisant d'asseoir son personnage dans une carte et de parler avec ses amis de Dofus. » raconte Malek, un joueur de 25 ans. Aujourd’hui, ils sont plus de 10 millions à s’être inscrits, et 1,5 millions à se connecter régulièrement.

Dofus, c’est l’histoire d’une start-up à la française. En 2003, à Roubaix, trois copains créent un petit jeu pour s’amuser. Cinq ans plus tard, ils dirigent 260 personnes et leur entreprise, Ankama (pour ANthony, KAmille et MAnu), réalise 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007. Une progression fulgurante, mais parfaitement maîtrisée. Pour ne pas être qu’un énième buzz internet sans lendemain, Ankama élargit rapidement ses activités. Dès 2005, l’entreprise se lance dans l’édition de mangas estampillés « Dofus » et publie de jeunes auteurs qui se sont fait une réputation sur la toile, comme Maliki ou les artistes de Café Salé. Depuis 2007, Ankama dispose même d’un studio d’animation. A l’occasion du lancement de son troisième titre, Wakfu, elle s’offre une série de dessins-animés diffusés sur France 3. « Dofus a toujours été pensé comme un projet cross-media. Tous les supports permettent d’exploiter à fond l’univers et l’histoire du jeu. » affirme-t-on chez Ankama. Mais il s’agit surtout d’une stratégie commerciale de visibilité, qui porte ses fruits : les produits dérivés Dofus font les têtes de gondole dans les grandes librairies, et les jeux attirent toujours plus de monde. Des joueurs de plus en plus jeunes, ce qui ne plaît pas toujours aux vétérans. « Quand j’ai commencé à jouer, la moyenne d’âge devait tourner autour de 21 ans. Maintenant, on est envahi par des gamins de 14-15 qui parlent en SMS. La qualité a beaucoup baissé. » déplore Julien, joueur de 22 ans. « Le public est un peu plus jeune que sur les autres jeux en ligne, concède t’on chez Ankama. Tandis que les concurrents visent les jeunes actifs, nous avons une moyenne d’âge de 19 ans. C’est positif : cela montre que Dofus est un jeu accessible à tous. » Ces comportements lassants entraînent parfois des départs. Mais ceux-ci sont vite compensés par les nouveaux arrivants, toujours plus nombreux.

Nombre de joueurs en hausse, une croissance annuelle qui ne faiblit pas : des opportunités de développement pour Ankama. Mais la grande nouveauté, c’est l’annonce officieuse d’un troisième titre. Starfu, c’est son nom provisoire, serait déjà en développement. Une nouvelle qui ravira les fans, et qui promet de belles années à l’entreprise roubaisienne.

Grégoire ORAIN

19/11/2008

Dépollution des friches Kuhlman : les riverains attendent des explications

Rue du Sartel à Roubaix. Alors que la 1ère étape des travaux de dépollution de l’ancienne friche Kuhlman s’achève dans quelques mois, plusieurs points inquiètent les riverains.

D’ici à la fin de l’année, les boues les plus toxiques (contenant du PCB et des métaux lourds)extraites du canal de Roubaix devraient être stockées à quelques centaines de mètres de là, non loin d’une école primaire. « On ne comprend pas pourquoi toutes les boues n’ont pas été mises sur le terril de phosphogypse, résume Roger Sinko, président de l’association de défense du Sartel-Carihem. Il n’y a pas d’habitation à côté, contrairement à ici. On craint des conséquences sur l’hygiène et la santé des écoliers ». La communauté urbaine de Lille se veut pourtant rassurante. « Après avoir traité les boues, nous ne les mettrons dans cette zone de stockage que si elles respectent les seuils définis par les arrêts préfectoraux » affirme ainsi M. Démezière de la cellule de communication.

Confiner la pollution

La question des deux terrils pollués au chrome est tout autant sensible. À l’heure actuelle, les impacts de la pollution y sont maîtrisés grâce à un confinement dont le coût s’élève à 700 000 euros. L’option retenue pour y pallier est basée sur de la bioremédiation : en injectant de l’eau qui contient de la mélasse -un résidu de sucre- les bactéries du chrome 6 vont être transformées en une forme moins toxique et non cancérigène : le chrome 3. D’ici peu, Rhodia, l’entreprise propriétaire des deux terrils, devrait commencer les premiers essais grandeur nature. Bernard Truant, militant au sein de Cap 21 Nord-Pas-de-Calais, s’inquiète pour le long terme. « Si les teneurs baissent, quelles garanties avons-nous que cela ne sera pas réversible ? La membrane qui confine les substances toxiques grâce à plusieurs couches d’argile et de matériaux résistera-t-elle au temps ? Quelle maintenance sera assurée ? » s’interroge-t-il.

La nature reprendra ses droits

Le 13 novembre, l’Etablissement Public Foncier Nord-Pas-de-Calais, en charge de mener concrètement les opérations de dépollution, devrait pouvoir rassurer les riverains. « Après presque 100 ans d’activités chimiques, il est illusoire de croire qu’on va reconstituer l’état originel des sols, défend Didier Huit-Marchand, chargé des études et des travaux au sein de l’EPF. Mais nous en maitrisons aujourd’hui les impacts sanitaires et environnementaux. Il s’agit vraiment d’un projet de reconquête environnementale pérenne ». Après le confinement des sources de pollution par Rhodia et l’EPF, la Communauté Urbaine de Lille entamera sa réflexion dés début 2009 sur le traitement paysager. A terme, l’objectif est de requalifier ces anciennes friches en un nouvel espace naturel métropolitain qui devrait à la fois permettre aux familles de se balader et à la nature de reprendre peu à peu ses droits.

Catherine Bouteille

 
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