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04/12/2008

Hiver chez les Roms

En regardant par la fenêtre, on voit et entend les voitures qui passent tout près. C’est à quelques mètres de la circulation que la caravane de Maria a du déménager. Le 28 Octobre, la police est venue déloger les familles de Roms roumains installées sauvagement Porte de Valenciennes. La famille de Maria faisait parti des expulsés. Elle s’est établit au bord du boulevard Paul Painlevé, à quelques mètres de l’ancien emplacement. Romik, un ami de la famille se lamente : « Moi, je dormais dans une tente qu’un monsieur du quartier m’a donné. C’était mieux que dormir dans la voiture. Mais le jour de l’expulsion, les policiers ont tout arraché dans laisser le temps de la plier ».

Mais la chef de famille est préoccupée par un autre problème. « Plus de place, Plus de place ! ». Voila ce qu’elle explique en agitant les bras, agacée de s’entendre dire qu’il n’y a « plus de place » à l’école pour ses enfants. « Même en Roumanie, ils allaient à l’école pour apprendre à lire ». Elle insiste. Pour elle, c’est incompréhensible : dans ce pays qu’elle a fuit, où la situation est « très mauvaise » pour les roms, l’école était accessible à ses enfants. Selon Mathilde Tournaux, conseillère technique au cabinet du maire: «On manque à la fois de structures spéciales et de personnels pour pouvoir scolariser tout les enfants. Le but est qu’ils profitent d’un véritable enseignement et non pas qu’ils passent juste des journées au chaud ». Malgré cet état de fait, Maria ne s’avoue pas vaincue. « On va continuer à essayer avec le dossier scolaire» se résigne-t-elle, en caressant les cheveux de sa fille.

Dans la caravane, il fait bon malgré le froid à l’extérieur. Un vieux poêle des années 30, où l’on fait bruler du bois, trône désormais dans la roulotte. « On l’a trouvé dans la rue » raconte-t-elle, « il faut juste faire attention à ne pas se bruler en passant à côté ». Depuis que l’hiver s’approche, l’essentiel des activités a lieu à l’intérieur des caravanes. Il faut faire preuve d’une grande inventivité pour cohabiter à plusieurs dans si peu d’espace. Pour le café, il y a une mini-table qui circule de caravane en caravane, livré sur commande à celui qui reçoit. Au fond de la caravane, des couvertures sont pliées sur le lit. La petite Zara-Maria montre « c’est le matelas des enfants, je dors là avec mes frères et sœurs ». Maria et son mari quant à eux, dorment comme ils peuvent sur une petite banquette. «C’est pas facile » grimace Maria, en mimant que son mari est un géant. Toute la famille d’esclaffe. Mais Maria redevient sérieuse : «Pour l’école, qu’est ce que je peux faire ? ».

Anne Sophie Terral

11/10/2008

Roms, l'histoire d'une errance sans fin

 

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En plein coeur de Lille, les campements de Roms se font et se défont à longueur de temps. Citoyens de l'Union européenne depuis 2007, ils n'ont pourtant de cesse d'être chassés sans ménagement des pays dans lesquels ils s'installent. Pour mieux comprendre leur situation, nous avons choisi de suivre une famille de Roms, semaine après semaine.

Chassés par les inondations...

Elle agite les bras pour écarter les curieux qui s'approchent. " Plus tranquille entre femmes ", me lance-t-elle avec un air rusé avant de traverser son nouveau village de fortune. Cette dame aux grands yeux noirs qui multiplie les gestes et les sourires, c'est Maria Popo. Comme de nombreuses familles, elle occupe un terrain abandonné, près de la Porte de Valenciennes à Lille. Un terrain qui a pris des airs de camps de réfugiés.

Il a plus le matin même. Le sol est boueux. Cela n'empêche pas les enfants de jouer ça-et-là. Les expulsions se sont multipliées ces derniers mois. Et il faut pouvoir déguerpir rapidement si la police arrive. Autour d'un café chaud et dans les volutes de fumée d'une cigarette roumaine, Maria Popo raconte sans quotidien. Quelques bribes de roumain et de français suffisent : " En Roumanie, il y a eu des inondations, se souvient-elle. Nos maisons ont été détruites. Et comme là-bas, les caravanes sont interdites. Nous sommes venus en France en bus. C'était il y a un an. "

...ils veulent maintenant rester en France

Maintenant, Maria Popo est bien décidée à rester. " Mes enfants ne veulent plus partir. Pour eux, la Roumanie c'est pire. Il y a beaucoup de racisme. Ici, on aura peut-être une maison un jour. Et des allocations... " Ces enfants qui semblent s'être habitués à la France, Maria les présente avec fierté. Il y a Darius (7 ans), Zara Maria (9 ans), Romulus (12 ans), David (15 ans) et Anieta (11 ans). Un coup d'oeil vers le camp. Maria poursuit : " Il y a beaucoup d'enfants ici. Derrière, dans cette famille, il y en a dix. C'est difficile. On manque de lait et de couvertures. Et il n'y a pas d'eau, ni d'électricité... "

Tandis que Maria décrit ses conditions de vie, des membres de l'AFEJI (une association luttant contre les exclusions) s'affairent et distribuent des couvertures au reste de la communauté. Mais aujourd'hui, l'inquiétude la plus forte concerne l'école. " On a tous inscrit nos enfants à l'école mais la mairie n'en veut pas. Elle a bloqué tous les dossiers. Personne ne comprend. On n'a pas de réponse... "

Anne-Sophie Terral

 

 
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