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20/10/2008

Dominique Plancke, l'élu fauchait

« A défaut de paiement avant le 4 janvier, le Ministère Public devra procéder à votre incarcération... » Sourire aux lèvres, Dominique Plancke parcourt la lettre reçue, il y a quelques semaines, du Tribunal de Toulouse. Regard doux et petit pull négligemment posé sur une chemisette, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Mais derrière le conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et l'élu lillois, se cache un passé de faucheur. C’est d’ailleurs pour avoir arraché du maïs transgénique il y a deux ans qu’il vient d’être condamné à payer 12 000 euros. Une somme dont il vient de s’acquitter.

Ce qu’il craint le plus, c’est de perdre ses droits civiques. « Le fauchage ce n’est pas seulement le côté médiatique, c’est aussi un engagement personnel ».  Même si « le militantisme n'est pas un héritage familial », explique-t-il. Cadet d’un foyer de dix enfants, il a su conjuguer sa vie de militant, d’homme politique et de père de famille. Même s’il se défend du stéréotype « écolo », il se déplace en vélo ou en transports en commun. « A la maison il n’y a qu’une voiture pour cinq ! ». Il achète bio, utilise l’énergie solaire, et quand la famille se rend dans sa maison de campagne du Larzac, c’est par le train. Ses trois enfants sont sensibilisés à la cause environnementale, mais, contrairement à leurs parents, ne sont pas adhérents des Verts. Sa compagne soutient ses actions de fauchage sans y participer. « On ne peut pas se permettre de risquer tous les deux la prison », s’amuse t-il.

L’œil malicieux il poursuit : « mon premier fauchage remonte à 2001 », un acte justifié puisque selon lui « les OGM ne sont qu’un modèle d’agriculture qui vise à rendre les paysans dépendants des grandes firmes ». A 51 ans, il n’a rien perdu du jeune insoumis qu’il était en 1976 lorsqu’il rencontre pour la première fois dans le Larzac son ami José Bové. En 1984, il participe à la création des Verts, afin d’avoir « un pied dans les institutions et un autre dehors ». Un double visage qu’il aime partager avec les médias. Mais quand on lui demande de poser devant la plante verte qui orne son bureau, il s’inquiète : « Il ne faut pas que ça fasse trop cliché quand même ! »

 

Elisa Trannin et Yaël Goujon

14:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogm, fauchage, bové, verts

 
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