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17/11/2009

« Sur le fil » l’exposition de textile contemporain à Wazemmes

« Déviances textiles » : un slogan transgressif pour une exposition inédite en ce moment à la Maison Folie de Wazemmes. A l'image de cette ancienne filature de lin, reconvertie à l'occasion de Lille 2004 en lieu de culture, l'univers déchu du textile a trouvé un nouveau souffle.

Désormais, c'est dans l'art qu'il trouve de nouvelles possibilités d'expression. Les quarante-quatre artistes réunis dans cette exposition nous le montrent bien. Chacun à leur manière déclinent le médium textile. A l'entrée, d'énigmatiques squelettes volants en dentelle captent le regard du visiteur. Ces sont les « Engels » de Sandrine Pelletier. Et pour Cécile Jarsaillon, dans la série « secours », la broderie s'effectue non pas sur un support textile mais sur images tirées de manuels de survie et de magazines des années 1970.

Le choix des techniques prend toute son importance au vu de la tradition textile de la région. Catherine Haddouche incarne parfaitement l'exemple d'une artiste ayant su combiner savoir-faire issu d'une tradition familiale et démarche purement artistique. A l'âge de cinq ans, sa grand-mère lui faisait déjà goûter aux joies du crochet. Aujourd'hui, c'est à travers des créations colorées que l'artiste met en œuvre son talent. « L'armure et le casque », d'inspiration traditionnelle chinoise, relève par exemple davantage de la sculpture que du vêtement. On retrouve le même engouement familial chez un autre nordiste, Jacques Trovic, qui a très tôt appris à coudre avec sa mère et sa sœur. Un hommage particulier lui est rendu au deuxième étage de l'exposition. On peut y admirer ses tapisseries et patchworks  monumentaux, représentant des scènes de la vie quotidienne, souvent  empreintes d'une immense gaîté.

L'intérêt majeur de l'exposition est de montrer que les arts populaires textiles ne relèvent pas toujours de la naïveté. Ils révèlent aussi beaucoup sur la société, ses peurs, ses fantasmes ou ses préoccupations, d'où la curiosité que suscitent ces authentiques tapis afghans baptisés « war rugs » représentant des images de guerre, et dont la tradition remonte vraisemblablement à l'invasion soviétique de 1979.

En bref, du tricot engagé, du canevas érotique : la connotation ringarde du support donne une force décalée aux messages que veulent faire passer les artistes. Pour autant, l'exposition ne manque pas de surfer sur la tendance des « knit cafes » américains, littéralement « cafés-tricot » où l'on peut venir tisser des liens autour d'une pelote et d'une paire d'aiguilles. La Maison Folie propose donc en parallèle de l'exposition divers ateliers : broderie, crochet, tricot. On se laisserait volontiers embobiner.

HELENE FARGUES

 

« Sur le fil », jusqu'au 22 novembre à la Maison Folie de Wazemmes

Du mercredi au samedi 14h-19h, dimanche 10h-19h - Entrée libre

 

25/11/2008

Humour et art au centre culturel de La Madeleine

Des pans de murs tapissés de vinyles plus farfelus les uns que les autres, des mouches immenses suspendues au plafond, des canevas détournés : le collectif de la Girafe s’est emparé du Centre Culturel de La Madeleine. Une dizaine d’artistes émergeant y sévissent autour du thème « exposition punitive. »

« On a exploité le thème punitif sous divers angles, explique Toffeur, l’un des artistes adossé à une installation évoquant le sadomasochisme. Ça peut être sexuel, militaire ou autre. C’est surtout de la parodie, voire de l’auto-parodie parfois parce qu’on n’aime pas se prendre au sérieux ». Sous l’inspiration de la culture rock et des séries Z, de nombreuses pochettes de 33 Tours ont ainsi été revisitées à coups de pastiches, calembours et autres détournements. Chantal Goya se transforme alors en zombie et le chanteur Renaud en chantre du camembert.

Le décalage entre matériaux et œuvres est également omniprésent. Plutôt que d’utiliser des toiles déjà calibrées, bon nombre d’artistes utilisent des supports insolites tels que des sous-bocks, des morceaux de bâches, des canevas ou encore des emballages de jeux vidéo. Le tout permettant d’évoluer dans des univers différents. « On a voulu jouer sur l’accumulation des œuvres sous la forme d’un couloir déambulatoire, commente Sébastien Wavrant, responsable des expositions au sein du centre culturel de La Madeleine. L’idée c’était de recréer l’ambiance d’un cabinet de curiosité ». Béatrice et Régine semblent avoir été conquises par le concept. « Je me dis que j’habiterai bien ici, lance Régine. Tout cet univers, ces couleurs. J’ai un vrai coup de cœur pour cet état d’esprit. Je découvre ces mouches géantes, mais elles sont bien trop belles pour me faire peur. » Une exposition à découvrir jusqu’au 25 novembre au Centre Culturel de La Madeleine.

Catherine Bouteille

20/10/2008

La mode de demain est déjà à Courtrai

Un slip pour hommes qui permet d’arrêter jusqu’à 90% des rayons nocifs émis par les téléphones cellulaires, et par la même de préserver la fertilité masculine. Des fibres en cyprès japonais jusqu’aux mailles en gerbes de blé. Bienvenue dans l’univers de l’exposition Futurotextiel. Ou comment découvrir tous les usages de la matière textile, des plus incongrus aux plus attendus.

Après une première édition 2006 initiée par Lille 3000, les textiles se déplacent et se réinventent à Courtrai, en Belgique. Dans un ancien entrepôt de 2500 mètres² des réseaux de chemin de fer belge, reconverti pour l’occasion en salle d’exposition, Futurotextiel démontre que le textile a plus d’une vie et qu’il ne rime pas forcément avec habit. Il faut d’ailleurs attendre la fin de la visite pour croiser des modèles de Jean-Charles de Castelbajac ou de Pierre Cardin.

L’ambiance recréée dans cet ancien hall de gare se veut résolument futuriste. De la veste capable de supporter une température de 350 degrés à la combinaison spatiale du futur, qui permettra à l’homme de se rendre sans encombre sur Mars ou Vénus, les fibres textiles prouvent leur apport à la science et à la recherche. La performance est aussi à l’honneur. Preuve en est, la combinaison la plus rapide du monde, qu’ont revêtu les nageurs Alain Bernard ou Michael Phelps dans les bassins olympiques de Pékin. Des pièces rares qui résument bien le thème donné par la direction à l’exposition : « C’est minimaliste dans le maximaliste ».

Discussion en tête à tête

Du pratique, on saute ensuite à l’abstrait. Dans cette exposition qui se veut une ville où chacun se promène, on croise des œuvres d’art comme « La parole », une œuvre étonnante de l’argentin Pablo Reinoso, qui a crée un cocon souple et immaculé, gonflé d’air. Cette sculpture des temps modernes offre une nouvelle approche des rapports humains. Deux trous permettent en effet à deux têtes d’entrer dans ce cocon, pour simplement discuter. D’où l’impression que la tête de son interlocuteur flotte seule dans les airs.

Dans une approche totalement opposée, la « Life dress » a pour but d’éviter toute conversation. Imaginez la scène. Vous êtes dans le métro et quelqu’un vous importune. Au lieu de l’ignorer, il vous suffit de gonfler votre jupe, de la même façon que l’on activerait un gilet de sauvetage. Une bulle se crée alors autour de vous, formant un rempart avec le monde extérieur. A la sortie de « Futurotextiel », chacun pourra donc choisir comment s’habiller demain. Sinon, il reste toujours le vieux jean du placard.

 

Justine Vassogne

 
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