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12/11/2008

Quel cirque !

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Un petit château de style médiéval, un étang et quelques oies : bienvenue au Centre de formation régional des arts du cirque de Lomme. Dans la cour pavée du château, quatre chapiteaux côtoient de jeunes jongleurs et de nombreux enfants.

Car aujourd’hui 22 octobre, c’est mercredi. Dans le chapiteau jaune, Elsa dispense son cours de circomotricité à des enfants de 4 ans : « Je n’enseigne pas des techniques précises. C’est une initiation à la découverte de leur corps. » Au son d’une musique latine enjouée, les dix enfants s’exercent avec de petits cerceaux. Ils se relaxent ensuite à l’aide d’une musique plus douce. Le cadre du chapiteau est essentiel : « Ce n’est pas un cours de jonglage dans une vulgaire salle de sport. Les enfants qui viennent ici viennent au cirque », confie Elsa. A l’entrée du chapiteau, Valérie regarde évoluer sa petite fille : « C’est une activité ludique qui demande à la fois de la rigueur et de la légèreté. Ils sortent d’ici défoulés et détendus. » En effet, Loanne quitte le cours le sourire aux lèvres.

De l’autre côté de la cour, une douzaine d’enfants de 6 ans sont déjà au niveau supérieur. Avec Hugo, ils s’initient à l’équilibre sur objet au son d’une musique de Yann Tiersen. Un groupe découvre le funambulisme, un autre l’équilibre sur boule et le dernier l’équilibre sur rouleau. Hugo explique l’intérêt de son cours : « Les enfants sont sensibilisés aux cinq grandes familles du cirque : la jonglerie, l’équilibre, l’acrobatie, l’aérien et l’expression corporelle. C’est en sortant de notre cours que les enfants savent s’ils aiment vraiment le cirque. » Le petit Steven par exemple, n’aime pas marcher sur le fil. Ça fait mal aux pieds. Il préfère la boule. « De toute façon, il vient à l’école du cirque pour faire le clown », affirme sa maman.

L’école de cirque de Lomme reçoit ainsi plus de 800 élèves dans son cursus amateur. Grâce aux nombreuses interventions dans les écoles, les centres de loisirs ou les instituts pour handicapés, environ 10 000 personnes de la région lilloise découvrent les arts du cirque chaque année. Depuis 1999, le centre dispose également d’une formation professionnelle en trois ans agréée par la Fédération Française des Ecoles de Cirque (FFEC).

Ce matin, les 40 élèves de la formation sont réunies dans le chapiteau marron pour le cours de préparation physique. Chacun prépare son numéro : diabolo, mât chinois, portés en couple, cheval d’Arçon. « J’aimerais travailler dans le cirque de rue. Cette formation est un accélérateur pour acquérir les meilleures techniques et trouver ensuite un emploi », déclare Jacky, étudiant jongleur de première année.

D’ailleurs, l’un des codirecteurs du centre, Pascal Croain, est fier du parcours de ces anciens étudiants : « Plusieurs sont aujourd’hui dans de grandes compagnies européennes et dans les plus grandes écoles de cirque du monde, à Berlin ou Montréal ». De son côté, Jacky reste lucide sur son avenir : « C’est un métier précaire. Mais je crois en ce que je fais. Je ne suis pas ici pour gagner de l’argent mais pour vivre de ma passion. »

Damien Deparnay

10:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cirque, loisir, jeux, art, enfants

11/10/2008

Roms, l'histoire d'une errance sans fin

 

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En plein coeur de Lille, les campements de Roms se font et se défont à longueur de temps. Citoyens de l'Union européenne depuis 2007, ils n'ont pourtant de cesse d'être chassés sans ménagement des pays dans lesquels ils s'installent. Pour mieux comprendre leur situation, nous avons choisi de suivre une famille de Roms, semaine après semaine.

Chassés par les inondations...

Elle agite les bras pour écarter les curieux qui s'approchent. " Plus tranquille entre femmes ", me lance-t-elle avec un air rusé avant de traverser son nouveau village de fortune. Cette dame aux grands yeux noirs qui multiplie les gestes et les sourires, c'est Maria Popo. Comme de nombreuses familles, elle occupe un terrain abandonné, près de la Porte de Valenciennes à Lille. Un terrain qui a pris des airs de camps de réfugiés.

Il a plus le matin même. Le sol est boueux. Cela n'empêche pas les enfants de jouer ça-et-là. Les expulsions se sont multipliées ces derniers mois. Et il faut pouvoir déguerpir rapidement si la police arrive. Autour d'un café chaud et dans les volutes de fumée d'une cigarette roumaine, Maria Popo raconte sans quotidien. Quelques bribes de roumain et de français suffisent : " En Roumanie, il y a eu des inondations, se souvient-elle. Nos maisons ont été détruites. Et comme là-bas, les caravanes sont interdites. Nous sommes venus en France en bus. C'était il y a un an. "

...ils veulent maintenant rester en France

Maintenant, Maria Popo est bien décidée à rester. " Mes enfants ne veulent plus partir. Pour eux, la Roumanie c'est pire. Il y a beaucoup de racisme. Ici, on aura peut-être une maison un jour. Et des allocations... " Ces enfants qui semblent s'être habitués à la France, Maria les présente avec fierté. Il y a Darius (7 ans), Zara Maria (9 ans), Romulus (12 ans), David (15 ans) et Anieta (11 ans). Un coup d'oeil vers le camp. Maria poursuit : " Il y a beaucoup d'enfants ici. Derrière, dans cette famille, il y en a dix. C'est difficile. On manque de lait et de couvertures. Et il n'y a pas d'eau, ni d'électricité... "

Tandis que Maria décrit ses conditions de vie, des membres de l'AFEJI (une association luttant contre les exclusions) s'affairent et distribuent des couvertures au reste de la communauté. Mais aujourd'hui, l'inquiétude la plus forte concerne l'école. " On a tous inscrit nos enfants à l'école mais la mairie n'en veut pas. Elle a bloqué tous les dossiers. Personne ne comprend. On n'a pas de réponse... "

Anne-Sophie Terral

 

 
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