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10/12/2008

Daouda Sow, le revers de la médaille

Seul face à mille personnes. C’était le 27 août dernier. Daouda Sow revenait à Hem dans son quartier des Hauts-Champs avec autour du cou la médaille d’argent de champion olympique de boxe chez les légers. Depuis, le jeune Hémois est revenu à la réalité. Et le retour sur terre est plus que difficile. « Il est capable de lâcher tout pour être seulement éducateur à Hem », confie Abdelhakim Zehrir, son fidèle entraîneur depuis 1998.

Après Pékin et les nombreuses sollicitations tant des médias que de promoteurs, le boxeur de vingt-trois ans s’est posé des questions sur son avenir : passer professionnel ou rester amateur ? Au final, après trois mois de réflexion, c’est le statut-quo. « On lui a fait miroiter qu’une médaille aux JO, c’était la consécration ultime. Qu’elle ouvrait les portes. Mais le rêve a sauté. Plein de promoteurs se sont proposés, mais on ne lui offre que des cacahuètes », s’indigne le coach. Lui-même déclare aujourd’hui ne pas connaître la décision de son protégé.

« Sa médaille a été tronquée »

A la mairie non plus, où Daouda est employé en tant qu’éducateur sportif auprès des jeunes, on ne connaît le futur du champion. Mais le député-maire Francis Vercamer est sûr d’une chose : « Il est pas content du dernier article sur lui. Le journaliste qui a écrit qu’il passait pro n’a pas vérifié ». La presse est le deuxième sujet de désillusion du jeune homme de 23 ans. Il estime « avoir joué le jeu des journalistes et être maintenant un peu dépassé », juge Abdelhakim Zehrir, qui poursuit : « Il n’a plus envie de raconter quoi que ce soit à qui que ce soit. Sa médaille a été tronquée par rapport à ce qu’on a écrit ».

Le nordiste a simplement remisé les gants il y a quinze jours, lors d’une visite au centre d’entraînement de Mahyar Monshipour, champion du monde 2003 et de retour à la boxe deux ans et demie après l’annonce de sa retraite. « Il a simplement écouté et regardé. Ca lui a permis de comprendre la différence entre les deux milieux.». Seule certitude : le Hémois conserve son entraîneur de toujours.

Ce n’est pas la première fois que Daouda hésite et pense à tout raccrocher. En 2006 déjà, après deux titres consécutifs de vice-champion de France, il a failli mettre un terme à sa carrière. « Mille fois, j’ai du le rattraper ». On connaît la suite. Professionnel, amateur ou jeune retraité du monde sportif ? Réponse dans les jours prochains

Maxime MARCHON

Boxe professionnelle, boxe amateur, quelles différences ?

La distinction n’est pas seulement d’ordre pécuniaire. Passer professionnel signifie certes faire de la boxe son métier à temps plein. « Les premiers combats démarre à 6000-7000 euros. Une fois, en amateur, Daouda a boxé Jérôme Thomas pour 450 euros. On a vite fait le choix », indique Abdelhakim Zehrir. Mais seuls les meilleurs ou ceux qui ont un généreux promoteur en vivent. La différence va bien au-delà. La réglementation n’est pas la même. Le boxeur pro ne porte ni casque, ni coquille, ni maillot et a des gants beaucoup plus minces. Soit un combat plus violent d’autant que les reprises durent plus longtemps. Le but est évidemment d’avoir du spectacle, afin d’en faire un produit idéal pour le format télé. A l’inverse, jamais les combats amateurs ne sont retransmis sauf pendant les Jeux Olympiques.

 
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