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25/11/2009

Auxi enfile ses gants pour un gala

"Je suis venue par curiosité", raconte cette jeune habitante d'Auxi-le-Château. Comme elle, samedi soir, nombreux étaient les novices présents à la salle des sports de la commune à venir assister au Gala de boxe. Au menu : dix-sept finales départementales du Pas-de-Calais et deux combats professionnels. "Une soirée qui a permis, entre autres, aux anciens de se retrouver" commente Jean-Jacques Dewarumetz, adjoint aux sports de la ville. Sous-entendu, les anciens du club de boxe d'Auxi, fermé depuis 1982 suite au décès de son entraîneur.

Le doyen de la soirée, l'ex-boxeur René Brunet, a pour l'occasion retrouvé une vieille affiche d'un combat qu'il avait gagné contre un Algérien. C'était il y a cinquante ans jour pour jour. Une madeleine de Proust qui le replonge à l'époque où Auxi organisait ses galas, une fois par mois à la salle des fêtes. René Brunet constate que "l'ambiance est toujours aussi bonne" et que rien, quasiment, n'a vraiment changé, si ce n'est qu'il n'y avait pas de sponsors à l'époque : "Les cafés nous prêtaient des chaises et il fallait les remettre à leur place le lendemain" se souvient-il. Des difficultés matérielles toujours d'actualité : pour recevoir une finale départementale, Auxi, qui n'a plus de club devait s'allier avec un club d'une autre commune. C'est donc celui de Berck-sur-mer, qu'Auxi a soutenu quand il avait traversé des difficultés, qui lui a prêté main forte.

Les officiels étaient donc naturellement de la partie : le maire Henri Dejonghe en a profité pour vanter au micro les mérites de la boxe : "Si on pouvait avoir plus de jeunes qui fréquentaient les clubs de boxes, on réglerait quelques problèmes de sécurité".

Loin de ces préoccupations, les entraîneurs ont donné de la voix pendant toute la soirée. Chacun allant de ses conseils : "Vas-y Tom, c'est qu'un nez rouge"! Ou alors "serre tes coudes Sofiane"! Une agitation sonore aussi palpable dans le public de supporters. Parmi eux , Elisabeth, 33 ans, est une passionnée. "La boxe, ce n'est pas du combat de rue, c'est de la technique. Et ici, l'ambiance est sympa, chacun se donne au maximum". Ce soir, elle est venue encourager ses camarades du club de Berck dans lequel elle boxe en amateur.

Sur le ring, Marion Weber, 20 ans, n'est pas venue jouer les figurantes. Victorieuse au combat, cette étudiante, dans le coin bleu, a mis K.O son adversaire. Belle contribution au palmarès du club de Berck : six victoires sur six combats! Ce n'est pas un hasard pour l'entraîneur Gilles Lelong, ex-champion de France. "Avec eux je suis très strict, ils ne montent pas sur le ring si ils ne sont pas au niveau". Mais il ne boude pas pour autant son plaisir de savourer la victoire "je suis très heureux. C'est une récompense pour les gamins qui ont été assidus." Prochaine étape : le championnat des Flandres.

HELENE FARGUES

14:40 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auxi, gala, boxe, ring

10/12/2008

Daouda Sow, le revers de la médaille

Seul face à mille personnes. C’était le 27 août dernier. Daouda Sow revenait à Hem dans son quartier des Hauts-Champs avec autour du cou la médaille d’argent de champion olympique de boxe chez les légers. Depuis, le jeune Hémois est revenu à la réalité. Et le retour sur terre est plus que difficile. « Il est capable de lâcher tout pour être seulement éducateur à Hem », confie Abdelhakim Zehrir, son fidèle entraîneur depuis 1998.

Après Pékin et les nombreuses sollicitations tant des médias que de promoteurs, le boxeur de vingt-trois ans s’est posé des questions sur son avenir : passer professionnel ou rester amateur ? Au final, après trois mois de réflexion, c’est le statut-quo. « On lui a fait miroiter qu’une médaille aux JO, c’était la consécration ultime. Qu’elle ouvrait les portes. Mais le rêve a sauté. Plein de promoteurs se sont proposés, mais on ne lui offre que des cacahuètes », s’indigne le coach. Lui-même déclare aujourd’hui ne pas connaître la décision de son protégé.

« Sa médaille a été tronquée »

A la mairie non plus, où Daouda est employé en tant qu’éducateur sportif auprès des jeunes, on ne connaît le futur du champion. Mais le député-maire Francis Vercamer est sûr d’une chose : « Il est pas content du dernier article sur lui. Le journaliste qui a écrit qu’il passait pro n’a pas vérifié ». La presse est le deuxième sujet de désillusion du jeune homme de 23 ans. Il estime « avoir joué le jeu des journalistes et être maintenant un peu dépassé », juge Abdelhakim Zehrir, qui poursuit : « Il n’a plus envie de raconter quoi que ce soit à qui que ce soit. Sa médaille a été tronquée par rapport à ce qu’on a écrit ».

Le nordiste a simplement remisé les gants il y a quinze jours, lors d’une visite au centre d’entraînement de Mahyar Monshipour, champion du monde 2003 et de retour à la boxe deux ans et demie après l’annonce de sa retraite. « Il a simplement écouté et regardé. Ca lui a permis de comprendre la différence entre les deux milieux.». Seule certitude : le Hémois conserve son entraîneur de toujours.

Ce n’est pas la première fois que Daouda hésite et pense à tout raccrocher. En 2006 déjà, après deux titres consécutifs de vice-champion de France, il a failli mettre un terme à sa carrière. « Mille fois, j’ai du le rattraper ». On connaît la suite. Professionnel, amateur ou jeune retraité du monde sportif ? Réponse dans les jours prochains

Maxime MARCHON

Boxe professionnelle, boxe amateur, quelles différences ?

La distinction n’est pas seulement d’ordre pécuniaire. Passer professionnel signifie certes faire de la boxe son métier à temps plein. « Les premiers combats démarre à 6000-7000 euros. Une fois, en amateur, Daouda a boxé Jérôme Thomas pour 450 euros. On a vite fait le choix », indique Abdelhakim Zehrir. Mais seuls les meilleurs ou ceux qui ont un généreux promoteur en vivent. La différence va bien au-delà. La réglementation n’est pas la même. Le boxeur pro ne porte ni casque, ni coquille, ni maillot et a des gants beaucoup plus minces. Soit un combat plus violent d’autant que les reprises durent plus longtemps. Le but est évidemment d’avoir du spectacle, afin d’en faire un produit idéal pour le format télé. A l’inverse, jamais les combats amateurs ne sont retransmis sauf pendant les Jeux Olympiques.

 
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