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16/11/2009

Apiculture dans le nord : Lille s’engage

Avoir une ruche dans son jardin : c'est le but du rucher-école municipale lillois, inauguré le samedi 10 octobre à la ferme pédagogique Marcel Dhénin. Pour Maude Nicolle, responsable pédagogique de la ferme, il s'agit de former une vingtaine d'apiculteurs « amateurs plus » par an. La formation dure une année avec des cours théoriques, tel l'apprentissage de la biologie de l'abeille, et des cours pratiques comme la récolte... Une dizaine de ruches est ainsi mise à disposition des « étudiants ». Les cours ont lieu un samedi après-midi par mois. L'objectif est ainsi « de lutter contre la disparition des abeilles en amenant les ruches dans la ville », explique Yvan Henion, apiculteur du toit de l'Opéra.

Un engouement pour l'apiculture

La ruche-école affiche déjà complet pour cette année et l'année 2010-2011 avec 28 élèves sur liste d'attente. Pour Charlotte, responsable de la cellule animation-communication des parcs et jardins de la ville de Lille, cet engouement est « un bon phénomène de mode mais montre aussi un intérêt nouveau des gens, un besoin de nature. Il y a un buzz autour de l'abeille. Les abeilles disparaissent et on en entend parler. » Opinion partagée par Cyrille Pradal, conseiller municipal vert en charge de l'apiculture urbaine, qui déclare : « L'abeille cristallise l'effondrement de la biodiversité. Mais l'abeille a aussi un côté exotique. Avant, les gens avaient des serpents, maintenant il y a un retour au régional. »

Chaque personne inscrite dans ce programme en attend différents aboutissements. Pour Cécile, 28 ans, être apicultrice est « un engagement politique, militant, environnemental ». Gautier, 25 ans, espère devenir apiculteur professionnel et partir faire du miel en Algérie : « J'aime la nature et je suis musulman. Dans ma religion, l'abeille et les bienfaits du miel sont des éléments très importants ». Angélique, 34 ans, veut juste participer aux cours pour le côté « ludique ». « Mon grand-père avait des ruches, et ça m'a toujours fascinée », confie-t-elle.

La mairie met même des terrains à disposition des apiculteurs ayant suivi cette formation, pour installer leurs ruches dans la ville. Que ce soit à la ferme pédagogique Marcel Dhénin, ou au rucher-école de la ferme du Héron Villeneuve d'Ascq, il faut penser à s'inscrire dès maintenant pour espérer avoir accès à cette formation en 2012. En attendant peut-être l'ouverture de nouveaux ruchers-écoles...

DEBORAH GAY

 

18:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : apiculture, lille

Grippe A : pourquoi les médecins généralistes boudent le vaccin

« Il faut en finir avec le dénigrement systématique. » Pour le docteur Jean-Claude Soulary, secrétaire général de l'association de formation continue des médecins généralistes MG Form, il est temps que ses confrères se mobilisent. Quitte à mettre de côté leurs doutes. Selon une étude révélée par Slate.fr, près de 42% des médecins libéraux n'ont pas l'intention de se faire vacciner contre la grippe A. De plus, à l'image du Pas-de-Calais, certains départements peinent à trouver des volontaires dans cette partie du corps médical pour faire fonctionner les centres de vaccination.

L'une des raisons de cette frilosité vient du fait que les médecins généralistes n'ont pas apprécié d'être relégués au rôle de second couteau. La raison avancée par les autorités sanitaires ? Le système des centres permettrait d'assurer un meilleur suivi des vaccins, administrés en deux fois. Résultat : peu de médecins sont enclins à se rendre sur place afin de participer à la campagne.

Mais leurs réticences ne sont pas simplement dues à une simple vexation. Selon le Dr Soulary, la méfiance des médecins trouverait avant tout sa source dans un manque d'informations. « Beaucoup ignorent que l'objectif est d'atteindre le seuil de 50% de vaccinés, ce qui ralentirait la progression du virus », explique-t-il. Parmi eux, Jean-MarcRehby, président de l'Union Régionale des Médecins Libéraux du Nord Pas-de-Calais, qui avait qualifié la campagne de vaccination d'« hérésie ». « Il ne détient simplement pas la bonne information », avance le Dr Soulary.

Confiant, le médecin mise sur un changement de mentalité lorsque la grippe A se sera davantage propagée. Alors peut-être les généralistes seront plus nombreux à pousser la porte des centres de vaccination, sinon pour aider, au moins pour se faire vacciner. Et le secrétaire général de MGForm de trancher : « Ne serait-ce que par respect pour les patients, on ne peut pas se permettre d'être vecteur d'une maladie. »

OLIVIER CLAIROUIN

 

16:53 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grippe a, vaccination

14/12/2008

Bienvenue chez les flamands... ou pas

Ne lui demandez pas s'il est fier d'être ch'ti ! « C'est quoi les Ch'tis ? Des illettrés buveurs, des cas sociaux... et au départ, ce sont des picards. » Depuis plus de 20 ans, Wido Triquet milite pour la reconnaissance de l'identité flamande, quitte à employer la violence. Le secrétaire national du mouvement flamand de France a d'ailleurs été condamné le 10 juillet dernier pour avoir menacé la vie du principal d'un collège de Dunkerque. Le nouveau nom du collège ne plaisait pas à Wido : on ne quitte pas Michel de Swaen, « poète flamand », pour Lucie Aubrac, « juive communiste ».

Flamand d'adoption

L'architecte retraité a pourtant la bonhommie d'un grand-père. Un peu grande gueule mais bienveillant. Le cheveu blanc, le crâne dégarni, Wido a le physique d'un homme qui ne se refuse pas de temps en temps une bière – flamande, de préférence. Curieusement, le militant flamand n'est cependant pas un natif de la région puisque Guy-Maurice Triquet est né à Paris en 1938. Le surnom Wido, traduction de Guy en flamand, ne viendra que plus tard. Il confesse même des origines picardes autant que flamandes, et avoue que ses parents ne lui ont guère parlé de leurs racines : « ils voulaient tourner la page ». Le futur militant a pourtant choisi l'architecture nordique pour sa maîtrise d'urbanisme. Si ses voyages dans l'Europe flamande le marquent, ce n'est qu'en 79 qu'il quitte Paris pour la Flandre. Il travaille alors pour l'agence d'urbanisme de Dunkerque.

La Flandre aux flamands

Quelques dix ans après son installation dans la région, Wido Triquet commence à militer activement pour la reconnaissance de l'identité flamande. Jusqu'à employer la violence, ne serait-ce que verbale : il est condamné à plusieurs reprises. Il met souvent sur le même plan sa région et l'Algérie des années 1950, découverte pendant son service militaire. « C'était l'ambiance d'un pays occupé. A Oran, il n'y avait qu'une vérité : Paris. Comme aujourd'hui pour nous, il n'y avait qu'une langue ». Et selon lui, éradiquer les particularismes conduit à la guerre. A l'image des indépendantistes algériens, le mouvement flamand a d'ailleurs fondé son « gouvernement provisoire de la République Flamande ». Wido n'a pas de mots assez durs pour qualifier les enseignants de la « gôche progressiste » et la « France colonisatrice », qui « refuse de reconnaître la langue flamande ». Pour ce résistant auto proclamé, le film de Dany Boon est une « campagne orchestrée pour éradiquer la culture flamande ». « Nous ne devons pas et nous ne voulons pas nous soustraire de la France. On veut juste réintégrer une culture locale », résume notre flamand. Il assure aussi n'avoir aucun lien avec l'extrême droite. Il n'empêche : « Les Français dehors, la Flandre aux Flamands ! »

Elisabeth Laneyrie et Catherine Bouteille

20:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3)

 
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