Avertir le modérateur

14/10/2009

Inquiétude sur l’avenir de la plus grande gare de fret au nord de Paris

La brasserie est vide. « Avant, il y avait des soirs où les clients ne trouvaient pas de place pour boire un verre. » Saïd, le patron, regrette ce temps où les cheminots se pressaient nombreux à son établissement.

A Somain, l'inquiétude grandit face à la possible fermeture de la gare de triage. Sa spécialité ? Le wagon isolé, qui permet aux petites entreprises qui n'ont ni les moyens ni le besoin d'affréter un train complet, d'affréter des wagons de marchandises. Et c'est précisément vers la suppression de ce type de fret que s'oriente la direction de la SNCF, après l'annonce du Plan fret de Jean-Louis Borloo, préconisant l'abandon de 60% des activités liées au « wagon isolé ».

Les employés ont manifesté samedi 26 septembre contre ce projet. Alors que les Somainois se demandent si la gare cessera son activité après la réforme, les cheminots, eux, en sont sûrs. Pour Patrick Belot, agent de maîtrise à la gare de triage et responsable CGT, cette réforme du fret est la suite logique des plans précédents qui ont déjà causé une importante baisse du trafic. « Les restructurations passées ont diminué les volumes affrétés, les pertes ont augmenté. La SNCF a répercuté ces pertes sur les clients en leur imposant des augmentations tarifaires. Beaucoup d'entreprises ont dû cesser le fret par chemin de fer. Résultat, encore moins de marchandises à transporter et encore plus de pertes. »

Jean-Claude Quennesson, le maire communiste de Somain, n'est pas plus optimiste quant à l'avenir de la gare. Pourtant, l'abandon de la fermeture de la gare de Somain a été annoncé à l'issue d'un sommet entre la direction de la SNCF, le gouvernement et les syndicats mardi 6 octobre. Une annonce à laquelle réagit vivement le maire : « c'est faux, le projet de fermeture est bien maintenu, contrairement à ce qui est dit au public. Lors de la réunion du Conseil économique et social de la Région présentant le plan fret pour la région, le représentant de la SNCF a clairement annoncé la fermeture de la gare pour fin 2010. » Jean-Claude Quennesson dénonce de surcroît l'aberration écologique que constitue pour lui la réforme du fret : « la restructuration des activités de fret, c'est au moins 1, 5 million de camions en plus sur les routes. »

Mais à Somain, la réforme du fret ne touchera pas que les cheminots. Les entreprises utilisant le wagon isolé seraient durement affectées par l'arrêt du fret. Si la SNCF a apporté des garanties à certaines d'entre elles concernant le maintien de l'activité pour 2010-2011, les entrepreneurs demeurent préoccupés. Pour une industrie chimique du Pas-de-Calais, « si le wagon isolé disparaissait, ça représenterait des investissements supplémentaires pour les terminaux de camion. L'usine passerait le cap, mais ça serait difficile, surtout en ce moment. »

L'économie de toute la ville repose sur la gare où 440 emplois directs sont aujourd'hui menacés, pour une commune de 12000 habitants. Le plan fret de la SNCF ne fait que renouveler les inquiétudes de Saïd. « La gare de triage, c'est ce qui nous  fait vivre. Si ça ferme, toute la ville en prendra un coup. Somain deviendra un dortoir. »

ADRIEN VILQUIN

JUSTINE CANONNNE

 

10:38 Publié dans Eco social | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : somain, fret, nord, sncf

11/12/2008

Budget LMCU 2009 : comment faire plus… avec moins

 Marges restreintes, baisse des dotations de l’Etat : les délibérations du budget 2009 ont comme un air de déjà-vu. Réunis le 27 novembre au siège de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), les maires ont écouté Dominique Baert, le vice-président chargé du budget. Il leur a exposé les grandes lignes du financement de la communauté. L’heure est à la transparence : au mois d’octobre, le site internet rue89 mettait en avant les défaillances des emprunts lillois dont certains seraient « toxiques ». « Nous avons vérifié l’ensemble de nos produits structurés, et seul l’un d’entre eux est toxique. Nous sommes bien loin des difficultés que peut rencontrer la municipalité de Saint-Denis. » assure le maire de Wattrelos. Dans un contexte difficile de crise économique et financière, LMCU parvient à maintenir de bons indicateurs, et réduit même sa dette (1,6 milliards d’euros). Mais pas question de limiter les investissements. La dotation du volet « logement » devrait être portée à 121 millions d’euros (+120%), tandis que le budget alloué au développement économique pourrait doubler afin de soutenir la relance. « Le pire, ce serait d’avoir le pied sur le frein. » avance Olivier Henno (PS). Des décisions jugées insuffisantes par le chef de file de l’opposition, Marc-Philippe Daubresse. « Ce sont les mêmes priorités, les mêmes constats qu’en 2008. Il faut une véritable obsession de la crise. »

Augmentation de la taxe sur le traitement des ordures ménagères

Qui dit relance, dit nouvelles dépenses, et donc la nécessité de trouver de nouvelles recettes car la rationalisation des dépenses ne suffit pas. La tâche est difficile : l’enveloppe traditionnellement accordée par l’Etat va de nouveau diminuer de 10 millions d’euros, et l’autre grand levier de financement des collectivités locales, la taxe professionnelle, est désormais plafonnée. L’année 2009 devrait donc voir augmenter la taxe sur le traitement des ordures ménagères, tandis que la redevance assainissement pourrait augmenter de 15%. Des arbitrages approuvés par la quasi-totalité des groupes de la Communauté, à l’exception de l’opposition qui déplore « la hausse du train de vie des collectivités ». Reste à voir si le budget 2009 résistera à la morosité économique qui s’annonce.

Grégoire ORAIN

Dofus, jeu internet non-identifié

 Dans le catalogue très restreint des jeux internet multijoueurs, Dofus fait figure d’ovni. Tandis que chez les concurrents on s’étripe à coups de hache dans un univers sombre et sanglant, sur Dofus, de petits personnages s’affrontent dans un monde coloré, presque féérique. Pas non plus besoin d’une machine de compétition pour jouer, il suffit de se connecter au site, d’installer un petit programme et de s’acquitter d’un abonnement mensuel de 5 euros. Un jeu décalé, mais plébiscité par les joueurs. « Une des choses qui m'a intéressé, c'était le graphisme. Le coté très manga des personnages. C'était plaisant d'asseoir son personnage dans une carte et de parler avec ses amis de Dofus. » raconte Malek, un joueur de 25 ans. Aujourd’hui, ils sont plus de 10 millions à s’être inscrits, et 1,5 millions à se connecter régulièrement.

Dofus, c’est l’histoire d’une start-up à la française. En 2003, à Roubaix, trois copains créent un petit jeu pour s’amuser. Cinq ans plus tard, ils dirigent 260 personnes et leur entreprise, Ankama (pour ANthony, KAmille et MAnu), réalise 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007. Une progression fulgurante, mais parfaitement maîtrisée. Pour ne pas être qu’un énième buzz internet sans lendemain, Ankama élargit rapidement ses activités. Dès 2005, l’entreprise se lance dans l’édition de mangas estampillés « Dofus » et publie de jeunes auteurs qui se sont fait une réputation sur la toile, comme Maliki ou les artistes de Café Salé. Depuis 2007, Ankama dispose même d’un studio d’animation. A l’occasion du lancement de son troisième titre, Wakfu, elle s’offre une série de dessins-animés diffusés sur France 3. « Dofus a toujours été pensé comme un projet cross-media. Tous les supports permettent d’exploiter à fond l’univers et l’histoire du jeu. » affirme-t-on chez Ankama. Mais il s’agit surtout d’une stratégie commerciale de visibilité, qui porte ses fruits : les produits dérivés Dofus font les têtes de gondole dans les grandes librairies, et les jeux attirent toujours plus de monde. Des joueurs de plus en plus jeunes, ce qui ne plaît pas toujours aux vétérans. « Quand j’ai commencé à jouer, la moyenne d’âge devait tourner autour de 21 ans. Maintenant, on est envahi par des gamins de 14-15 qui parlent en SMS. La qualité a beaucoup baissé. » déplore Julien, joueur de 22 ans. « Le public est un peu plus jeune que sur les autres jeux en ligne, concède t’on chez Ankama. Tandis que les concurrents visent les jeunes actifs, nous avons une moyenne d’âge de 19 ans. C’est positif : cela montre que Dofus est un jeu accessible à tous. » Ces comportements lassants entraînent parfois des départs. Mais ceux-ci sont vite compensés par les nouveaux arrivants, toujours plus nombreux.

Nombre de joueurs en hausse, une croissance annuelle qui ne faiblit pas : des opportunités de développement pour Ankama. Mais la grande nouveauté, c’est l’annonce officieuse d’un troisième titre. Starfu, c’est son nom provisoire, serait déjà en développement. Une nouvelle qui ravira les fans, et qui promet de belles années à l’entreprise roubaisienne.

Grégoire ORAIN

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu