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25/11/2009

Une nouvelle scène québécoise en Nord

Un air québécois souffle sur la scène musicale lilloise. En effet, d’octobre à décembre se succèdent le Pascal Picard Band, Cœur de Pirate, Patrick Watson ou encore les Cowboys Fringants. Rencontre avec Christian Roberge, chant et guitare, Byron Mikaloff, guitare, et Alex Morrissette, contrebasse : les membres des Lost Fingers, de passage au Splendid le 15 octobre dernier.

Les reprises sont un concept musical plus que déjà-vu. Pourtant, la surprise fonctionne à chaque réarrangement du trio. Amener le jazz manouche à la portée de tous via la culture populaire, voilà le défi que se sont donné les Lost Fingers. Leur nom est d’ailleurs une référence au guitariste tzigane Django Reinhardt qui a perdu deux doigts dans un incendie à l’âge de dix-huit ans. Dès les premières notes, on comprend qu’ils ne maîtrisent pas que la biographie du personnage. Tous trois issus du conservatoire, l’agilArticle LOST FINGERS.jpgité avec laquelle ils font glisser le rythme jazz est indiscutable. Ce n’est qu’après quelques mesures que le public s’anime. Il reconnaît alors la mélodie de « Billie Jean », de « On va s’aimer » ou encore de « ça plane pour moi ». Byron Mikaloff s’amuse des réactions lors des concerts : «les français n’osent pas avouer qu’ils aiment la compagnie créole mais quand on le fait sur scène ça leur donne une bonne excuse pour chanter « wohoo ça fait rire les oiseaux » ». Un brin de kitsch que les Lost Fingers assument parfaitement, tout en réfutant le côté parodique de leurs réarrangements. « Nous travaillons la réinterprétation avec sérieux mais c’est la distance entre les chansons et la vision populaire d’un jazz présomptueux qui crée un décalage », nuance Alex Morissette. Posséder une mélodie forte et redondante est le critère prioritaire pour qu’une chanson soit élue. Evidemment, si elle peut allier un côté ringard à un gimmick remarquable, c’est encore mieux, comme le souligne le groupe concernant « besoin de rien envie de toi », « une cochonnerie entendue dans un karaoké » qu’ils souhaitent reprendre prochainement.

Le succès de la relève québécoise réside peut-être dans cette approche décomplexée. Comme chez Byron Mikaloff, ce guitariste de jazz qui vous accueille dans sa loge le fer à repasser à la main.

LUCIE SOULLIER

 

14:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/11/2009

« Sur le fil » l’exposition de textile contemporain à Wazemmes

« Déviances textiles » : un slogan transgressif pour une exposition inédite en ce moment à la Maison Folie de Wazemmes. A l'image de cette ancienne filature de lin, reconvertie à l'occasion de Lille 2004 en lieu de culture, l'univers déchu du textile a trouvé un nouveau souffle.

Désormais, c'est dans l'art qu'il trouve de nouvelles possibilités d'expression. Les quarante-quatre artistes réunis dans cette exposition nous le montrent bien. Chacun à leur manière déclinent le médium textile. A l'entrée, d'énigmatiques squelettes volants en dentelle captent le regard du visiteur. Ces sont les « Engels » de Sandrine Pelletier. Et pour Cécile Jarsaillon, dans la série « secours », la broderie s'effectue non pas sur un support textile mais sur images tirées de manuels de survie et de magazines des années 1970.

Le choix des techniques prend toute son importance au vu de la tradition textile de la région. Catherine Haddouche incarne parfaitement l'exemple d'une artiste ayant su combiner savoir-faire issu d'une tradition familiale et démarche purement artistique. A l'âge de cinq ans, sa grand-mère lui faisait déjà goûter aux joies du crochet. Aujourd'hui, c'est à travers des créations colorées que l'artiste met en œuvre son talent. « L'armure et le casque », d'inspiration traditionnelle chinoise, relève par exemple davantage de la sculpture que du vêtement. On retrouve le même engouement familial chez un autre nordiste, Jacques Trovic, qui a très tôt appris à coudre avec sa mère et sa sœur. Un hommage particulier lui est rendu au deuxième étage de l'exposition. On peut y admirer ses tapisseries et patchworks  monumentaux, représentant des scènes de la vie quotidienne, souvent  empreintes d'une immense gaîté.

L'intérêt majeur de l'exposition est de montrer que les arts populaires textiles ne relèvent pas toujours de la naïveté. Ils révèlent aussi beaucoup sur la société, ses peurs, ses fantasmes ou ses préoccupations, d'où la curiosité que suscitent ces authentiques tapis afghans baptisés « war rugs » représentant des images de guerre, et dont la tradition remonte vraisemblablement à l'invasion soviétique de 1979.

En bref, du tricot engagé, du canevas érotique : la connotation ringarde du support donne une force décalée aux messages que veulent faire passer les artistes. Pour autant, l'exposition ne manque pas de surfer sur la tendance des « knit cafes » américains, littéralement « cafés-tricot » où l'on peut venir tisser des liens autour d'une pelote et d'une paire d'aiguilles. La Maison Folie propose donc en parallèle de l'exposition divers ateliers : broderie, crochet, tricot. On se laisserait volontiers embobiner.

HELENE FARGUES

 

« Sur le fil », jusqu'au 22 novembre à la Maison Folie de Wazemmes

Du mercredi au samedi 14h-19h, dimanche 10h-19h - Entrée libre

 

11/12/2008

Lille 3000 : une organisation XXL pour fêter une Europe élargie

 Quinze personnes se retrouvent à la nuit tombée en manteaux épais dans une salle éclairée au néon. L’ambiance a un petit côté bulgare, mais la scène se déroule bien dans le Vieux-Lille, mercredi 26 novembre. Elles sont réunies pour préparer le week-end du 16 mai qui sera consacré à la Bulgarie. En effet, entre mars et juillet 2009, Lille3000 fêtera les vingt ans de la chute du Mur de Berlin en amenant les pays de l’Europe élargie au cœur des quartiers de Lille. Pour ce faire, la recette appliquée est participative : les associations et les habitants des dix quartiers de Lille sont donc mis à contribution pour préparer les festivités. Chaque quartier a du choisir une région ou une culture des nouveaux Etats membres. Durant un week-end, le cœur de la capitale des Flandres battra donc au rythme des réjouissances qui y seront mises en place.

 Dans la Halle au sucre du Vieux Lille, chacun est venu avec ses idées et ses propositions. Les Dompteurs de papier se voient bien proposer un atelier de gravure aux enfants à partir de contes bulgares, mais ils ne savent pas où en trouver. De l’autre côté de la table, Tostekimas, une association d’amitié franco-grecque, propose un atelier de théâtre d’ombres, typique de la Bulgarie. Pour le mettre en place, l’association a commencé à chercher des ouvrages avec le responsable des bibliothèques de Lille, présent à la réunion : « Rien ne nous empêche de proposer aux enfants, à partir du même conte, de créer soit une gravure, soit une marionnette ! » Cécile Lagache, chargée de la culture et des manifestations festives à la Mairie de Lille, se réjouit : « Ce que l’on souhaite, c’est justement que l’organisation se fasse collectivement ! »

 Quant aux commerçants, ils interrogent les quatre étudiants bulgares présents: « Mais alors, qu’est-ce qu’on mange et qu’est-ce qu’on boit en Bulgarie? » Emmanuel Vinchon, conseiller artistique et « sherpa » de Lille3000 prend la parole : « Lors des visites que l’on a effectuées pour préparer cette Europe XXL, on a vu deux points communs entre toutes ces régions : la pizza –mauvaise surprise– et surtout la bière… Donc je ne me fais pas de soucis pour l’intégration de la restauration dans cette journée ! » Tout le monde s’accorde dans tous les cas sur l’idée de clôturer la journée par un bal dansant traditionnel.

 A Moulins, on mise sur l'expérience

 Quelques jours plus tard, à la Maison Folie de Moulins, on planche sur la Hongrie. Le ton est différent : les participants sont trois fois plus nombreux et les associations n’ont pas la même expérience. Grâce au collectif associatif Bienvenue à Moulins (ou BAM), elles ont déjà établi un certain équilibre entre elles et il ne faut pas que « l’Europe festive » vienne chambouler tout ça. Toutes sont venues voir comment se passait l’organisation du week-end, mais peu ont amené des idées concrètes. Ainsi, quand Julia, une étudiante hongroise, propose timidement de diffuser un film d’animation de son pays, le directeur de la Maison-Folies lui répond qu’il a déjà pris contact avec le réalisateur. En se tournant vers les équipes des cinémas L’Univers et L’Hybride, il explique immédiatement qu’il faudra « bien sûr organiser ça ensemble ». Légère tension dans l’atmosphère. Pour preuve, après ce dialogue irréel en guise de conclusion lorsque Emmanuel Vinchon demande à l’assemblée d’envoyer une fiche récapitulative de ses propositions: « On saura faire. Avec le BAM, on a déjà l’expérience… » lui répond un membre du collectif. Et quand l’organisateur de la réunion insiste « Oui, mais pas nous ! », la réponse ne se fait pas attendre : « C’est pas grave, on veut bien de vous quand même ! 

Victor ALEXANDRE

 
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