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06/11/2008

Etudiant(e) recherche coloc avec mamie

Deux générations les séparent mais elles ont choisi de vivre ensemble. Delphine, 26 ans, étudiante psychomotricienne à Loos, livre sa rencontre avec Francine, sa colocataire de 50 ans son aînée : « Je cherchais un logement et j’avais entendu parler du concept : faire habiter un étudiant avec une personne du troisième âge ! », charrie-t-elle sa logeuse. L’amusante et dynamique mamie ne voulait plus rester seule chez elle la nuit. Elle a donc fait appel, comme vingt-quatre autres seniors dans la métropole lilloise, à l’association Générations Solidaires. « La présence de Delphine est rassurante. Et je ne voulais pas demander à mes enfants, je voulais rester une maman indépendante. »

Son indépendance, Francine la revendique : « Je ne veux pas avoir de compte à rendre à mon âge, ni jouer à la maman. Delphine est une adulte, chacune d’entre nous mène sa vie comme elle le souhaite même si nous échangeons beaucoup ensemble. ». Chaque couple jeune/senior est suivi par l’association toute l’année, en cas de problème entre les colocataires. « En général, tout se passe bien. On essaie de composer les binômes en fonction de la personnalité du jeune et de la personne âgée. Chaque partie remplit un dossier de motivation et nous nous chargeons des placements », explique Dorothée Caby, l’une des fondatrices de l’association Générations Solidaires à Lille, créée en 2006.

Une présence au quotidien

Comme pour Francine, les seniors recherchent en général une présence la nuit. Pour les jeunes, étudiants ou actifs, le loyer est attractif : entre 30 et 200 euros en fonction de la quantité de services demandés par le logeur et selon l’état de l’habitation. « Evidemment, il faut que le jeune soit prêt à partager son quotidien avec une personne plus âgée », précise une responsable de l’association. Le résultat est plutôt encourageant puisque le nombre de binômes formés dans la région lilloise double chaque année. Vingt-cinq cohabitations ont ainsi été mises en route à la rentrée 2008. De plus en plus de personnes seules, âgées de plus de cinquante ans, recourent à ce système.

Entre Francine et Delphine, le compromis a vite été trouvé. Cela fait un mois qu’elles vivent sous le même toit et déjà les deux complices partagent certaines activités. « Hier soir, on est allé danser toutes les deux. Un cours de country, ça va me faire du bien ! », se réjouit la septuagénaire. Quant à la jeune femme qui ne connaissait personne en arrivant dans le Nord, elle apprécie à juste valeur la compagnie de la vieille dame : « Nous discutons beaucoup. Elle me fait part de ses expériences et je lui raconte mes petites histoires. » Pour toutes les deux, la cohabitation entre générations est avant tout un échange, une expérience enrichissante.

Elisa Trannin

11/10/2008

Médecine, la pilule de l'intégration passe bien

" Au Nord c’était l’intégration, l’alcool c’était notre passion, le sexe notre motivation… "  Tel est le refrain entonné par une vingtaine d’étudiants de la fac de médecine Henri-Warembourg, lundi 29 septembre à Lille. Vêtues de minijupes, de débardeurs moulants, de bas résilles et de chaussures à talons, les " prostituées ", garçons et filles de deuxième année, doivent relever les défis lancés par les « blouses » de troisième année.

En réalité, le " bizut’ " de médecine dure deux semaines, marquées par différentes journées à thèmes et ponctuées par un week-end d’intégration. Au menu du jour, les nouveaux doivent parvenir à s’exposer dans les vitrines des magasins. Demain, les carabins devront se déguiser en personnes âgées. Les différents groupes sillonnent les rues de Lille et filment les défis les plus drôles, sous l'oeil amusé de Catherine, habitante de Lille : " Ce type d’intégration met de l’ambiance dans le centre et reste convivial, ce qui ne me dérange pas du tout. " Qu’ils soient bizuteurs, bizutés, ou spectateurs, ces deux semaines s’apparentent davantage à de l’intégration bon enfant qu’à un bizutage contraint.

" On peut commencer à s'amuser "

Les futurs médecins tiennent ainsi à se démarquer de l’affaire de bizutage de la faculté de médecine d’Amiens, révélée par RTL fin septembre. Le reportage en question faisait état d’humiliations, notamment à caractère sexuel. " À Lille, ce sont les troisième année qui intègrent les deuxième année, au contraire d’Amiens où ce sont les doublants de première année qui bizutent les nouveaux arrivants. Ici, on a dépassé le stade de la compétition et on peut commencer à s’amuser ", confie Jean-Baptiste, un " blouse bizuteur ". Le but n’est pas d’humilier mais de créer des liens entre étudiants. A Lille, point de strip-tease ou de léchage de bananes pour défrayer la chronique.

Pourtant, même consenti, le bizutage reste sévèrement puni par le code pénal et constitue un délit passible de six mois de prison et de 7.500 € d’amende. Pour Grégory, étudiant de deuxième année, " ces règles sont dépassées et ne correspondent plus du tout aux nouvelles réalités du bizutage ". Même son de cloche au sein de la direction. Comme l'affirme le docteur Jean-Bernard Savary, assesseur chargé du premier cycle des études médicales de Lille : " Le bizutage est un terme à bannir. Je suis convaincu que les étudiants de Lille procèdent à une intégration, et non à un bizutage. Dans le cas de délits éventuels, des sanctions seraient rapidement prises contre les responsables. " 

Damien Deparnay

Roms, l'histoire d'une errance sans fin

 

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En plein coeur de Lille, les campements de Roms se font et se défont à longueur de temps. Citoyens de l'Union européenne depuis 2007, ils n'ont pourtant de cesse d'être chassés sans ménagement des pays dans lesquels ils s'installent. Pour mieux comprendre leur situation, nous avons choisi de suivre une famille de Roms, semaine après semaine.

Chassés par les inondations...

Elle agite les bras pour écarter les curieux qui s'approchent. " Plus tranquille entre femmes ", me lance-t-elle avec un air rusé avant de traverser son nouveau village de fortune. Cette dame aux grands yeux noirs qui multiplie les gestes et les sourires, c'est Maria Popo. Comme de nombreuses familles, elle occupe un terrain abandonné, près de la Porte de Valenciennes à Lille. Un terrain qui a pris des airs de camps de réfugiés.

Il a plus le matin même. Le sol est boueux. Cela n'empêche pas les enfants de jouer ça-et-là. Les expulsions se sont multipliées ces derniers mois. Et il faut pouvoir déguerpir rapidement si la police arrive. Autour d'un café chaud et dans les volutes de fumée d'une cigarette roumaine, Maria Popo raconte sans quotidien. Quelques bribes de roumain et de français suffisent : " En Roumanie, il y a eu des inondations, se souvient-elle. Nos maisons ont été détruites. Et comme là-bas, les caravanes sont interdites. Nous sommes venus en France en bus. C'était il y a un an. "

...ils veulent maintenant rester en France

Maintenant, Maria Popo est bien décidée à rester. " Mes enfants ne veulent plus partir. Pour eux, la Roumanie c'est pire. Il y a beaucoup de racisme. Ici, on aura peut-être une maison un jour. Et des allocations... " Ces enfants qui semblent s'être habitués à la France, Maria les présente avec fierté. Il y a Darius (7 ans), Zara Maria (9 ans), Romulus (12 ans), David (15 ans) et Anieta (11 ans). Un coup d'oeil vers le camp. Maria poursuit : " Il y a beaucoup d'enfants ici. Derrière, dans cette famille, il y en a dix. C'est difficile. On manque de lait et de couvertures. Et il n'y a pas d'eau, ni d'électricité... "

Tandis que Maria décrit ses conditions de vie, des membres de l'AFEJI (une association luttant contre les exclusions) s'affairent et distribuent des couvertures au reste de la communauté. Mais aujourd'hui, l'inquiétude la plus forte concerne l'école. " On a tous inscrit nos enfants à l'école mais la mairie n'en veut pas. Elle a bloqué tous les dossiers. Personne ne comprend. On n'a pas de réponse... "

Anne-Sophie Terral

 

 
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