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14/12/2008

Les Flamands s'enflamment

A Bergue, le Ch'ti fait débat. A l'image de Wido Triquet, militant flamand, certains considèrent même le film de Dany Boon comme une insulte à leur identité flamande. C'est la guerre des autocollants : les uns (tout de même majoritaires) affichent « bienvenue chez les Ch'tis » sur leur voiture et s'interpellent à coup de « biloutes ».

D'autres s'en outragent, et on voit fleurir à certaines fenêtres ce petit autocollant qui annonce « Bienvenue chez les Flamands » au dessus du Lion de Flandre. En français et en flamand, comme il se doit. Dans un café – pardon, un estaminet, on nous précise : « Ici vous êtes en Flandre. On sait parler un bon français, nous ».

E.L et C.B

20:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

11/12/2008

Un médecin du Nord a sa méthode pour lutter contre l’autisme

 Non reconnue en France, la méthode ABA est expérimentée à Lille depuis deux ans. Avec l’appui de Francis Perrin, parrain de l’association Pas à Pas, le docteur Rivière entend prouver les bienfaits de sa méthode.

Il est assis mais, l’espace d’un instant, on le perd, il n’est plus là. Son regard s’échappe. Puis il revient. Il pose le doigt sur la lettre « A » et lève les bras. Il entend les consignes. Mieux, il y répond. Vincent, 8 ans, est autiste. Il est suivi depuis un an par le docteur Rivière, dans le Nord, au Centre Camus de Villeneuve-d’Ascq. Vinca Rivière est la seule en France à expérimenter l’analyse appliquée du comportement, plus généralement appelée méthode ABA.

Exercice après exercice, l’équipe du centre Camus apprend aux jeunes autistes à exprimer leur mécontentement, leur gêne et leurs besoins de manière adaptée. « Il faut tout leur réapprendre au niveau du vocabulaire, des consignes très simples qu’ils ne comprennent pas forcément », explique le Dr Rivière. Cette méthode a fait ses preuves dans de nombreux pays mais en France, elle n’est pas encore reconnue. Pourtant, la méthode ABA ouvre de nouvelles perspectives et les résultats sont encourageants. Et plus l’enfant est pris en charge tôt, plus elle est efficace. Des études ont montré qu’après 2 ou 3 années de traitement, 70% des enfants retrouvent des capacités intellectuelles ordinaires. Le Dr Rivière est encore plus optimiste : « 50% des enfants peuvent espérer rejoindre une scolarité classique », estime-t-elle.

Les résultats sont là

C’est le cas de Louis, fils de Francis Perrin, diagnostiqué autiste dès l’âge de deux ans. Le parrain de l’association Pas à Pas utilise sa notoriété et milite pour que cette méthode soit reconnue en France. « Le problème est beaucoup plus profond : en France, il semble inconcevable de traiter un enfant atteint d’autisme sans médicalisation. Il est impératif aujourd’hui de comprendre qu’il s’agit de la seule discipline (NDLR : la méthode ABA) ayant donnée des résultats scientifiquement prouvés et répliqués dans le monde entier. Il faut donc que l’Etat français donne des moyens financiers pour former un plus grand nombre de psychologues ».

L’assiduité du travail avec l’enfant est l’autre caractéristique de la méthode ABA. Chaque enfant est pris en charge 30 à 40 heures par semaine par deux éducateurs formés, une psychologue spécialisée ainsi que des étudiants stagiaires. Un aspect décrié par les détracteurs de l’ABA qui estiment qu'elle n'apporte pas de véritables améliorations, mais apprend à l'enfant des réactions stéréotypées. Ils n’y voient qu’un « dressage intensif  ». Francis Perrin regrette qu’à l’université de Lille-III, « il y ait des psychologues qui soient farouchement contre cette méthode et mettent des bâtons dans les roues du Dr Rivière ».

Quoi qu’il en soit, les résultats sont là, probants, spectaculaires. « Pour Louis, il y a eu un avant et un après ABA », confie Francis Perrin. « Ce traitement est fantastique parce qu’il ouvre à la communication et aux autres. » L’acteur a souvent interpellé Xavier Bertrand sur la non-reconnaissance de l’ABA en France. Depuis, l’ancien préfet du Nord Daniel Canepa a donné son feu vert à une expérimentation de deux ans au centre Camus. Il y a aujourd’hui 844 familles sur liste d’attente pour intégrer le centre Camus, et la liste ne cesse de s’allonger pour Vinca Rivière. Pour développer l'expérience, l’Etat a dégagé une subvention d’un million d’euros. Au lieu de 6, c’est maintenant 20 enfants qui sont pris en charge par l’équipe du Dr Rivière. Le travail des défenseurs de la méthode ABA commence à porter ses fruits mais le chemin est encore long pour que « tous les Louis de France puissent retrouver cette dignité et cette autonomie », conclue Francis Perrin.

Grégory MASSART

04/12/2008

Hiver chez les Roms

En regardant par la fenêtre, on voit et entend les voitures qui passent tout près. C’est à quelques mètres de la circulation que la caravane de Maria a du déménager. Le 28 Octobre, la police est venue déloger les familles de Roms roumains installées sauvagement Porte de Valenciennes. La famille de Maria faisait parti des expulsés. Elle s’est établit au bord du boulevard Paul Painlevé, à quelques mètres de l’ancien emplacement. Romik, un ami de la famille se lamente : « Moi, je dormais dans une tente qu’un monsieur du quartier m’a donné. C’était mieux que dormir dans la voiture. Mais le jour de l’expulsion, les policiers ont tout arraché dans laisser le temps de la plier ».

Mais la chef de famille est préoccupée par un autre problème. « Plus de place, Plus de place ! ». Voila ce qu’elle explique en agitant les bras, agacée de s’entendre dire qu’il n’y a « plus de place » à l’école pour ses enfants. « Même en Roumanie, ils allaient à l’école pour apprendre à lire ». Elle insiste. Pour elle, c’est incompréhensible : dans ce pays qu’elle a fuit, où la situation est « très mauvaise » pour les roms, l’école était accessible à ses enfants. Selon Mathilde Tournaux, conseillère technique au cabinet du maire: «On manque à la fois de structures spéciales et de personnels pour pouvoir scolariser tout les enfants. Le but est qu’ils profitent d’un véritable enseignement et non pas qu’ils passent juste des journées au chaud ». Malgré cet état de fait, Maria ne s’avoue pas vaincue. « On va continuer à essayer avec le dossier scolaire» se résigne-t-elle, en caressant les cheveux de sa fille.

Dans la caravane, il fait bon malgré le froid à l’extérieur. Un vieux poêle des années 30, où l’on fait bruler du bois, trône désormais dans la roulotte. « On l’a trouvé dans la rue » raconte-t-elle, « il faut juste faire attention à ne pas se bruler en passant à côté ». Depuis que l’hiver s’approche, l’essentiel des activités a lieu à l’intérieur des caravanes. Il faut faire preuve d’une grande inventivité pour cohabiter à plusieurs dans si peu d’espace. Pour le café, il y a une mini-table qui circule de caravane en caravane, livré sur commande à celui qui reçoit. Au fond de la caravane, des couvertures sont pliées sur le lit. La petite Zara-Maria montre « c’est le matelas des enfants, je dors là avec mes frères et sœurs ». Maria et son mari quant à eux, dorment comme ils peuvent sur une petite banquette. «C’est pas facile » grimace Maria, en mimant que son mari est un géant. Toute la famille d’esclaffe. Mais Maria redevient sérieuse : «Pour l’école, qu’est ce que je peux faire ? ».

Anne Sophie Terral

 
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