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05/12/2008

Le mariage ne connaît pas la crise

Avec 22 000 unions par an, le mariage à la cote dans le Nord-Pas-de-Calais. Presque un couple français sur dix convole dans la région. Un marché florissant qui attire. Ce week-end, le Grand Palais accueillait le Salon du Pacs et du mariage tandis que Le Printemps de Lille avait décidé de surfer sur la tendance du luxe la semaine précédente. Le groupe haut de gamme, qui ouvre chaque année plus de 800 listes de mariages, a tenu le premier Salon du type « Luxe et création », à la Chambre de Commerce et d’Industrie les 15 et 16 novembre derniers. Une occasion pour les prestataires locaux de conquérir un plus large public, toujours prêt à dépenser plus. « On accueille bien sûr des catégories socioprofessionnelles élevées, mais les temps changent, et des couples qui ont de plus petits moyens économisent, parfois plusieurs années, pour se faire plaisir le jour de leur mariage », explique Isabelle Vanmerris, coordinatrice marketing du Printemps.

C’est le cas de Cyril et Tatiana, qui sont venus visiter le salon pour finaliser leur organisation. « On a explosé le budget. On s’était fixé 7000 euros, on est déjà à 12 000 », raconte tout sourire la responsable de crèche. Pourtant, seul petit extra : une chorale gospel pendant la messe, pour 750 euros. Des petits plaisirs qui coûtent chers. « Ce ne sont pas toujours les couples qui se lâchent, parfois les parents sont prêts à tout pour réussir la fête de leurs enfants », précise Nicolas Thomaere, responsable de Traiteur du Biez, qui accueille chaque année plus de 100 mariages dans ses châteaux. Grâce à la participation de leurs familles, Justine et Olivier vont pouvoir organiser la fête de leur rêve : 30 000 euros la journée avec au programme, robe de luxe et chandeliers. « Mais on a aussi de plus en plus de cérémonies hors saison ou le vendredi, parce que c’est moins cher », souligne Nicolas Thomaere. C’est la formule qu’ont choisi Barbara et Ludovic. Pour ce couple de comptables, pas question de dépasser leur budget initial. « On avait dit 10 000 euros et on va s’y tenir. Pas plus de 500 euros pour la robe. » Pour eux pas de prestation luxueuse, juste des fleurs et un photographe, pour la postérité. Ils sont comme la majorité des habitants de la région, qui dépensent en moyenne 10 100 euros pour célébrer leur union.

Clémence Nayrac

21:20 Publié dans Eco social | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mariage, salon

03/12/2008

Au marché de Fives, l’étal se resserre

 

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Jeudi 20 Novembre. 11 heures. Marché de Fives. Huit étals se battent en duel, cernés par des voitures garées sur la place un jour de marché. Pourtant le panneau le dit bien : « Interdit mardi-jeudi dimanche de 0hà 17 h ». Derrière son stand de bonbons, M. Lambert Verbrugge fulmine : « « Avant, le marché de Fives était beaucoup plus étendu. Maintenant, il est en train de mourir». A l’autre bout de l’allée, Sandrine, la fromagère nuance mais fait le même constat : « Chacun a ses habitués du quartier, mais c’est vrai que Fives est un peu la dernière roue du carrosse ».

Pourtant, selon Jacques Mutez, conseiller municipal délégué au commerce, ce marché a toutes les raisons objectives de fonctionner : « La place du Caulier a été refaite, le métro y arrive directement et Fives est un des quartiers les plus importants de Lille ». Mais à l’image de tous les petits marchés de la métropole, « il subit la concurrence des deux autres marchés : Wazemmes très populaire, et le Vieux-Lille plus bobo ». Eloïse, commerçante de toile cirée au marché de Wazemmes, confirme : « Wazemmes est à part car il est très réputé.  Ici les prix sont cassés ». Les visiteurs viennent pour l’ambiance : « Le monde attire le monde », analyse le conseiller municipal.

« On ne veut pas aller là-bas. C’est un trou perdu »

Et de ce côté-là, Fives n’a pas la cote. « Le quartier n’est pas attractif. Quand on demande aux commerçants d’y aller, les gens se récrient : ’On ne veut pas aller là-bas. C’est un trou perdu’ », explique Jacques Mutez. Quand la mairie tente d’y faire installer un distributeur de billets, la réponse est toujours la même : « On a fait toutes les banques. Aucune n’a voulu y venir, en évoquant la sécurité. Mais c’est un faux prétexte ».

Au delà de la concurrence entre les marchés, certains changements dans les habitudes de consommation sont aussi en cause. Kader, commerçant à Fives, pointe du doigt les grandes surfaces: «Les vendeurs boudent les petits marchés qui ne sont plus rentables. Les habitudes de consommation ont beaucoup changé, depuis l’apparition des supermarchés». Moins de clients amènent moins de commerçants. Et vice-versa.

Néanmoins, du côté des associations, on préfère mettre en avant les nouveautés. Liliane Govart, présidente de l’association Fives Caulier Animations et membre du Conseil de Quartier : « Ce marché est plus étoffé qu’il y a un mois ou deux. Pendant les dernières vacances, le raccordement à l’eau et l’électricité ont été ajouté ». À l’hôtel de ville aussi, on reste optimiste. Entre 500 à 600 logements sont en construction tout autour de la place du Collier. « Je crois beaucoup à l’arrivée de ces nouveaux gens pour l’avenir du marché », conclut Jacques Mutez.

Anne-Sophie TERRAL et Maxime MARCHON

19/11/2008

Dépollution des friches Kuhlman : les riverains attendent des explications

Rue du Sartel à Roubaix. Alors que la 1ère étape des travaux de dépollution de l’ancienne friche Kuhlman s’achève dans quelques mois, plusieurs points inquiètent les riverains.

D’ici à la fin de l’année, les boues les plus toxiques (contenant du PCB et des métaux lourds)extraites du canal de Roubaix devraient être stockées à quelques centaines de mètres de là, non loin d’une école primaire. « On ne comprend pas pourquoi toutes les boues n’ont pas été mises sur le terril de phosphogypse, résume Roger Sinko, président de l’association de défense du Sartel-Carihem. Il n’y a pas d’habitation à côté, contrairement à ici. On craint des conséquences sur l’hygiène et la santé des écoliers ». La communauté urbaine de Lille se veut pourtant rassurante. « Après avoir traité les boues, nous ne les mettrons dans cette zone de stockage que si elles respectent les seuils définis par les arrêts préfectoraux » affirme ainsi M. Démezière de la cellule de communication.

Confiner la pollution

La question des deux terrils pollués au chrome est tout autant sensible. À l’heure actuelle, les impacts de la pollution y sont maîtrisés grâce à un confinement dont le coût s’élève à 700 000 euros. L’option retenue pour y pallier est basée sur de la bioremédiation : en injectant de l’eau qui contient de la mélasse -un résidu de sucre- les bactéries du chrome 6 vont être transformées en une forme moins toxique et non cancérigène : le chrome 3. D’ici peu, Rhodia, l’entreprise propriétaire des deux terrils, devrait commencer les premiers essais grandeur nature. Bernard Truant, militant au sein de Cap 21 Nord-Pas-de-Calais, s’inquiète pour le long terme. « Si les teneurs baissent, quelles garanties avons-nous que cela ne sera pas réversible ? La membrane qui confine les substances toxiques grâce à plusieurs couches d’argile et de matériaux résistera-t-elle au temps ? Quelle maintenance sera assurée ? » s’interroge-t-il.

La nature reprendra ses droits

Le 13 novembre, l’Etablissement Public Foncier Nord-Pas-de-Calais, en charge de mener concrètement les opérations de dépollution, devrait pouvoir rassurer les riverains. « Après presque 100 ans d’activités chimiques, il est illusoire de croire qu’on va reconstituer l’état originel des sols, défend Didier Huit-Marchand, chargé des études et des travaux au sein de l’EPF. Mais nous en maitrisons aujourd’hui les impacts sanitaires et environnementaux. Il s’agit vraiment d’un projet de reconquête environnementale pérenne ». Après le confinement des sources de pollution par Rhodia et l’EPF, la Communauté Urbaine de Lille entamera sa réflexion dés début 2009 sur le traitement paysager. A terme, l’objectif est de requalifier ces anciennes friches en un nouvel espace naturel métropolitain qui devrait à la fois permettre aux familles de se balader et à la nature de reprendre peu à peu ses droits.

Catherine Bouteille

 
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