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11/12/2008

Budget LMCU 2009 : comment faire plus… avec moins

 Marges restreintes, baisse des dotations de l’Etat : les délibérations du budget 2009 ont comme un air de déjà-vu. Réunis le 27 novembre au siège de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), les maires ont écouté Dominique Baert, le vice-président chargé du budget. Il leur a exposé les grandes lignes du financement de la communauté. L’heure est à la transparence : au mois d’octobre, le site internet rue89 mettait en avant les défaillances des emprunts lillois dont certains seraient « toxiques ». « Nous avons vérifié l’ensemble de nos produits structurés, et seul l’un d’entre eux est toxique. Nous sommes bien loin des difficultés que peut rencontrer la municipalité de Saint-Denis. » assure le maire de Wattrelos. Dans un contexte difficile de crise économique et financière, LMCU parvient à maintenir de bons indicateurs, et réduit même sa dette (1,6 milliards d’euros). Mais pas question de limiter les investissements. La dotation du volet « logement » devrait être portée à 121 millions d’euros (+120%), tandis que le budget alloué au développement économique pourrait doubler afin de soutenir la relance. « Le pire, ce serait d’avoir le pied sur le frein. » avance Olivier Henno (PS). Des décisions jugées insuffisantes par le chef de file de l’opposition, Marc-Philippe Daubresse. « Ce sont les mêmes priorités, les mêmes constats qu’en 2008. Il faut une véritable obsession de la crise. »

Augmentation de la taxe sur le traitement des ordures ménagères

Qui dit relance, dit nouvelles dépenses, et donc la nécessité de trouver de nouvelles recettes car la rationalisation des dépenses ne suffit pas. La tâche est difficile : l’enveloppe traditionnellement accordée par l’Etat va de nouveau diminuer de 10 millions d’euros, et l’autre grand levier de financement des collectivités locales, la taxe professionnelle, est désormais plafonnée. L’année 2009 devrait donc voir augmenter la taxe sur le traitement des ordures ménagères, tandis que la redevance assainissement pourrait augmenter de 15%. Des arbitrages approuvés par la quasi-totalité des groupes de la Communauté, à l’exception de l’opposition qui déplore « la hausse du train de vie des collectivités ». Reste à voir si le budget 2009 résistera à la morosité économique qui s’annonce.

Grégoire ORAIN

Dofus, jeu internet non-identifié

 Dans le catalogue très restreint des jeux internet multijoueurs, Dofus fait figure d’ovni. Tandis que chez les concurrents on s’étripe à coups de hache dans un univers sombre et sanglant, sur Dofus, de petits personnages s’affrontent dans un monde coloré, presque féérique. Pas non plus besoin d’une machine de compétition pour jouer, il suffit de se connecter au site, d’installer un petit programme et de s’acquitter d’un abonnement mensuel de 5 euros. Un jeu décalé, mais plébiscité par les joueurs. « Une des choses qui m'a intéressé, c'était le graphisme. Le coté très manga des personnages. C'était plaisant d'asseoir son personnage dans une carte et de parler avec ses amis de Dofus. » raconte Malek, un joueur de 25 ans. Aujourd’hui, ils sont plus de 10 millions à s’être inscrits, et 1,5 millions à se connecter régulièrement.

Dofus, c’est l’histoire d’une start-up à la française. En 2003, à Roubaix, trois copains créent un petit jeu pour s’amuser. Cinq ans plus tard, ils dirigent 260 personnes et leur entreprise, Ankama (pour ANthony, KAmille et MAnu), réalise 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007. Une progression fulgurante, mais parfaitement maîtrisée. Pour ne pas être qu’un énième buzz internet sans lendemain, Ankama élargit rapidement ses activités. Dès 2005, l’entreprise se lance dans l’édition de mangas estampillés « Dofus » et publie de jeunes auteurs qui se sont fait une réputation sur la toile, comme Maliki ou les artistes de Café Salé. Depuis 2007, Ankama dispose même d’un studio d’animation. A l’occasion du lancement de son troisième titre, Wakfu, elle s’offre une série de dessins-animés diffusés sur France 3. « Dofus a toujours été pensé comme un projet cross-media. Tous les supports permettent d’exploiter à fond l’univers et l’histoire du jeu. » affirme-t-on chez Ankama. Mais il s’agit surtout d’une stratégie commerciale de visibilité, qui porte ses fruits : les produits dérivés Dofus font les têtes de gondole dans les grandes librairies, et les jeux attirent toujours plus de monde. Des joueurs de plus en plus jeunes, ce qui ne plaît pas toujours aux vétérans. « Quand j’ai commencé à jouer, la moyenne d’âge devait tourner autour de 21 ans. Maintenant, on est envahi par des gamins de 14-15 qui parlent en SMS. La qualité a beaucoup baissé. » déplore Julien, joueur de 22 ans. « Le public est un peu plus jeune que sur les autres jeux en ligne, concède t’on chez Ankama. Tandis que les concurrents visent les jeunes actifs, nous avons une moyenne d’âge de 19 ans. C’est positif : cela montre que Dofus est un jeu accessible à tous. » Ces comportements lassants entraînent parfois des départs. Mais ceux-ci sont vite compensés par les nouveaux arrivants, toujours plus nombreux.

Nombre de joueurs en hausse, une croissance annuelle qui ne faiblit pas : des opportunités de développement pour Ankama. Mais la grande nouveauté, c’est l’annonce officieuse d’un troisième titre. Starfu, c’est son nom provisoire, serait déjà en développement. Une nouvelle qui ravira les fans, et qui promet de belles années à l’entreprise roubaisienne.

Grégoire ORAIN

Lille 3000 : une organisation XXL pour fêter une Europe élargie

 Quinze personnes se retrouvent à la nuit tombée en manteaux épais dans une salle éclairée au néon. L’ambiance a un petit côté bulgare, mais la scène se déroule bien dans le Vieux-Lille, mercredi 26 novembre. Elles sont réunies pour préparer le week-end du 16 mai qui sera consacré à la Bulgarie. En effet, entre mars et juillet 2009, Lille3000 fêtera les vingt ans de la chute du Mur de Berlin en amenant les pays de l’Europe élargie au cœur des quartiers de Lille. Pour ce faire, la recette appliquée est participative : les associations et les habitants des dix quartiers de Lille sont donc mis à contribution pour préparer les festivités. Chaque quartier a du choisir une région ou une culture des nouveaux Etats membres. Durant un week-end, le cœur de la capitale des Flandres battra donc au rythme des réjouissances qui y seront mises en place.

 Dans la Halle au sucre du Vieux Lille, chacun est venu avec ses idées et ses propositions. Les Dompteurs de papier se voient bien proposer un atelier de gravure aux enfants à partir de contes bulgares, mais ils ne savent pas où en trouver. De l’autre côté de la table, Tostekimas, une association d’amitié franco-grecque, propose un atelier de théâtre d’ombres, typique de la Bulgarie. Pour le mettre en place, l’association a commencé à chercher des ouvrages avec le responsable des bibliothèques de Lille, présent à la réunion : « Rien ne nous empêche de proposer aux enfants, à partir du même conte, de créer soit une gravure, soit une marionnette ! » Cécile Lagache, chargée de la culture et des manifestations festives à la Mairie de Lille, se réjouit : « Ce que l’on souhaite, c’est justement que l’organisation se fasse collectivement ! »

 Quant aux commerçants, ils interrogent les quatre étudiants bulgares présents: « Mais alors, qu’est-ce qu’on mange et qu’est-ce qu’on boit en Bulgarie? » Emmanuel Vinchon, conseiller artistique et « sherpa » de Lille3000 prend la parole : « Lors des visites que l’on a effectuées pour préparer cette Europe XXL, on a vu deux points communs entre toutes ces régions : la pizza –mauvaise surprise– et surtout la bière… Donc je ne me fais pas de soucis pour l’intégration de la restauration dans cette journée ! » Tout le monde s’accorde dans tous les cas sur l’idée de clôturer la journée par un bal dansant traditionnel.

 A Moulins, on mise sur l'expérience

 Quelques jours plus tard, à la Maison Folie de Moulins, on planche sur la Hongrie. Le ton est différent : les participants sont trois fois plus nombreux et les associations n’ont pas la même expérience. Grâce au collectif associatif Bienvenue à Moulins (ou BAM), elles ont déjà établi un certain équilibre entre elles et il ne faut pas que « l’Europe festive » vienne chambouler tout ça. Toutes sont venues voir comment se passait l’organisation du week-end, mais peu ont amené des idées concrètes. Ainsi, quand Julia, une étudiante hongroise, propose timidement de diffuser un film d’animation de son pays, le directeur de la Maison-Folies lui répond qu’il a déjà pris contact avec le réalisateur. En se tournant vers les équipes des cinémas L’Univers et L’Hybride, il explique immédiatement qu’il faudra « bien sûr organiser ça ensemble ». Légère tension dans l’atmosphère. Pour preuve, après ce dialogue irréel en guise de conclusion lorsque Emmanuel Vinchon demande à l’assemblée d’envoyer une fiche récapitulative de ses propositions: « On saura faire. Avec le BAM, on a déjà l’expérience… » lui répond un membre du collectif. Et quand l’organisateur de la réunion insiste « Oui, mais pas nous ! », la réponse ne se fait pas attendre : « C’est pas grave, on veut bien de vous quand même ! 

Victor ALEXANDRE

 
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