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06/11/2008

Plan Séquence : « l'envie de faire découvrir et de partager »

L’association Plan Séquence organise, en collaboration avec les cinémas Métropole et Majestic, une vingtaine de rétrospectives par an. Nouvelle image.JPGDu 22 octobre au 4 novembre, Le thème « Road Movie » était à l’affiche. Eric Miot, délégué général de l’association, a répondu à nos questions.

Quels sens donnez-vous à ces rétrospectives ?

Un film est fait pour être vu dans une salle de cinéma, qui reste un lieu idéal. Un tableau ne sert à rien si personne ne le regarde. Une salle est aussi un lieu social où l’on se rencontre : le cinéma est un art vivant.

Comment choisissez vous les thèmes des rétrospectives ?

Nous choisissons surtout les thèmes en fonction des réactualisations en cours, quand de nouvelles copies d’un film sortent ou qu’il y a une restauration. Par exemple, nous avons choisis le thème du Road Movie car il y a eu deux rééditions en France : celle de Mad Max 2 de Georges Miller et de Duel, de Steven Spielberg de 1971.

Comment choisir un film et pas un autre dans une rétrospective ?

Sans le vouloir, nous guidons sûrement nos choix par nos goûts, car notre démarche est avant tout basée sur l’envie de faire découvrir et de partager. Mais, on choisit aussi de nombreux films que l’on n’aime pas plus que ça, mais qui s’intègre dans une vision historique.

Quels publics pensez-vous toucher avec ce type d’évènements ?

Selon moi, on touche un public d’une grande diversité, et de tous les âges. Il y a des jeunes qui n’avaient pas vu certains films et qui veulent les découvrir, mais aussi des cinéphiles qui passent leurs vies à scruter les programmations. Enfin, certains thèmes sont plus « mode » que d’autres, comme le Road movie, un élément essentiel du cinéma américain moderne

Avez-vous eu des échecs ?

Parfois, les gens paraissent peu curieux. Ils vont voir ce qu’ils connaissent déjà. Sur le thème du cinéma d’horreur, ce sont les films les plus connus qui ont fait le plus d’entrée. Un autre exemple : la rétrospective sur le cinéma espagnol fantastique a été très décevante.

Pensez-vous que certains films aient trop vieilli pour être vus ?

Non. Chaque film appartient à son époque. Je n’aime pas l’expression « vieux films » : on ne dit pas qu’un livre est vieux, ou que Mozart fait de la « vielle musique ». C’est même parce qu’ils sont datés, et donc typés, que certains films des années 70 et 80 ont du succès aujourd’hui. D’autres films se révèlent d’une grande modernité des décennies plus tard, comme Rebecca, un film d’Hitchcock des années 40, ou encore le cinéma muet des années 30. C’est pour ça qu’il faut continuer de les ressortir.

Anne Sophie Terral

Etudiant(e) recherche coloc avec mamie

Deux générations les séparent mais elles ont choisi de vivre ensemble. Delphine, 26 ans, étudiante psychomotricienne à Loos, livre sa rencontre avec Francine, sa colocataire de 50 ans son aînée : « Je cherchais un logement et j’avais entendu parler du concept : faire habiter un étudiant avec une personne du troisième âge ! », charrie-t-elle sa logeuse. L’amusante et dynamique mamie ne voulait plus rester seule chez elle la nuit. Elle a donc fait appel, comme vingt-quatre autres seniors dans la métropole lilloise, à l’association Générations Solidaires. « La présence de Delphine est rassurante. Et je ne voulais pas demander à mes enfants, je voulais rester une maman indépendante. »

Son indépendance, Francine la revendique : « Je ne veux pas avoir de compte à rendre à mon âge, ni jouer à la maman. Delphine est une adulte, chacune d’entre nous mène sa vie comme elle le souhaite même si nous échangeons beaucoup ensemble. ». Chaque couple jeune/senior est suivi par l’association toute l’année, en cas de problème entre les colocataires. « En général, tout se passe bien. On essaie de composer les binômes en fonction de la personnalité du jeune et de la personne âgée. Chaque partie remplit un dossier de motivation et nous nous chargeons des placements », explique Dorothée Caby, l’une des fondatrices de l’association Générations Solidaires à Lille, créée en 2006.

Une présence au quotidien

Comme pour Francine, les seniors recherchent en général une présence la nuit. Pour les jeunes, étudiants ou actifs, le loyer est attractif : entre 30 et 200 euros en fonction de la quantité de services demandés par le logeur et selon l’état de l’habitation. « Evidemment, il faut que le jeune soit prêt à partager son quotidien avec une personne plus âgée », précise une responsable de l’association. Le résultat est plutôt encourageant puisque le nombre de binômes formés dans la région lilloise double chaque année. Vingt-cinq cohabitations ont ainsi été mises en route à la rentrée 2008. De plus en plus de personnes seules, âgées de plus de cinquante ans, recourent à ce système.

Entre Francine et Delphine, le compromis a vite été trouvé. Cela fait un mois qu’elles vivent sous le même toit et déjà les deux complices partagent certaines activités. « Hier soir, on est allé danser toutes les deux. Un cours de country, ça va me faire du bien ! », se réjouit la septuagénaire. Quant à la jeune femme qui ne connaissait personne en arrivant dans le Nord, elle apprécie à juste valeur la compagnie de la vieille dame : « Nous discutons beaucoup. Elle me fait part de ses expériences et je lui raconte mes petites histoires. » Pour toutes les deux, la cohabitation entre générations est avant tout un échange, une expérience enrichissante.

Elisa Trannin

04/11/2008

L'Edhec ne connaît pas la crise

Dans les locaux imposants de l'Edhec, l’une des plus prestigieuses écoles de commerce de Lille, la crise financière actuelle ne semble qu'une rumeur lointaine. Ici, les étudiants s'habillent en Prada, les écrans s'illuminent de slogans et publicités pour vanter les mérites de la 'business school'. Alors que les bourses restent fébriles et que la récession menace plusieurs pays, à l'Edhec on temporise. « C'est un problème d'ordre conjoncturel », affirme ainsi Bruno Mayeur, responsable des études. « Les étudiants de l'Edhec ont été rassurés par leurs professeurs. Ils n'ont pas de soucis à se faire. » Il poursuit: « Sur les 120 étudiants engagés à suivre la majeure finance, aucun n'a décidé de changer de voie. »

Les profs sont optimistes…

La crise semble s'arrêter aux portes de la célèbre école de la rue du Port. « Je crois, sans vouloir être présomptueux, que les professionnels de la finance, s'ils vont moins embaucher dans les prochains mois, viendront toujours chercher des candidats au sein de l'Edhec », conclut-il. L'école de commerce serait donc un véritable bunker face aux tumultes actuels. Une place forte qui formerait tranquillement les financiers de demain. Bruno Mayeur prévient tout de même que « certains métiers au sein de la finance seront évités par nos étudiants ». Comme le métier de trader par exemple. Les salles de marchés sont en effet les principales victimes de la crise financière mais, « la finance, ce ne sont pas uniquement les salles de marchés », rappelle-t-il. Les étudiants pourraient toujours trouver du travail, moyennant une légère modification de leur projet professionnel.

… tandis que certains élèves préparent déjà un plan B

Les étudiants ne semblent pas partager l'optimisme de leurs professeurs. Camille, 22 ans, est étudiante en troisième année au sein de l'école. Elle s'avoue « contente de ne devoir chercher du travail que dans 18 mois ». Selon elle, les répercussions sur l'ensemble de l'économie se feront sentir tôt ou tard. Elle reste également sceptique face aux discours rassurants des dirigeants. Aurélie, 26 ans et ancienne diplômée de l'Institut d'études politiques de Lille, a choisi la majeure finance et souhaite justement travailler dans les salles de marchés. Après une année d'expérience dans le domaine, elle semble l'une des mieux armées pour y parvenir. Pourtant, la jeune femme décrit une situation sur les marchés « assez catastrophique ». Employée pendant neuf mois au sein de la banque Dexia, aujourd'hui en proie à d'importantes difficultés, Aurélie ne partage pas l'optimisme de ses professeurs. Au point de modifier son plan de carrière. « Je commence maintenant à échafauder un plan B, ce que je n'aurais jamais fait sans la crise », avoue-t-elle. « Je pourrais me reconvertir dans d'autres métiers, ou encore quitter la France pour travailler sur les marchés asiatiques, qui connaissent des difficultés moindres. » Pas d'inquiétudes donc. Les étudiants de l’Edhec échapperont, paraît-il, à la crise. Mais dehors, l'orage gronde toujours.

Lorrain Sénéchal

 
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