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26/11/2008

La réponse des Ch’tis

PSG-Lens. Voici l’affiche des quarts de finale de la Coupe de la Ligue. Un match au goût de revanche pour les lensois, après la polémique sur la banderole « Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez les Ch’tis. »

« On est revanchard » explique M. Deldreve, membre des Blood and Gold, un club de supporteur du RC Lens. La finale de Coupe de la Ligue, perdue contre Paris la saison dernière, a marqué les supporteurs lensois. Le souvenir du pénalty accordé dans les toutes dernières minutes aux Parisiens, synonyme de défaite pour les Nordistes, n’est toujours pas passé. A Lens, on se souvient plus de l’arbitrage douteux que de la banderole. « Beaucoup ne l’ont même pas vue » indique Jérome Herbaut, supporteur chez les Kop Sang et Or. « Toute la polémique sur les Ch’tis a été montée par les médias. Nous, c’est la défaite qu’on regrette ». Bien sûr, les mots ont laissé quelques traces. Mais pour Patricia Medo, de Génération Sang et Or, il n’existe qu’une seule façon de répliquer : « Le silence est le meilleur des mépris. »

A vrai dire, le match contre le PSG ne suscite pas vraiment l’engouement. Les Lensois, solide leader de la Ligue 2, pensent surtout à la remontée. « Le match contre Paris n’a rien à voir avec celui de la saison dernière. On ne sera pas plus de 5000 à venir au Parc alors qu’on était 30 000 au Stade de France », précise Jérôme Herbaut. Patricia Medo, elle, se souvient de l’effervescence avant la finale. « Le téléphone n’arrêtait pas de sonner, on était débordés. Aujourd’hui, ça n’a rien à voir. ». La banderole n’aura donc pas suffi à créer l’émoi chez les supporteurs lensois. Même les Kop Sang et Or et les Tigers, deux section de supporteurs pourtant réputés ultras, n’ont pas prévu d’action particulière.

Ce PSG-Lens a donc toutes les allures d’un match comme un autre. Mais Paris reste ¨Paris et suscite toujours l’amertume des Lensois. Pour Véronique Desfossez, membre du 12 lensois, le club officiel des supporteurs du RC Lens, « Aller jouer le PSG est toujours un mauvais déplacement ». Les parisiens n’ont pas la côte dans le Nord, et les relations entre les supporteurs des deux clubs sont inexistantes. « On ne dialogue jamais avec les supporteurs parisiens, alors qu’on le fait avec toutes les autres équipes », rajoute Véronique. Banderole ou non, erreur d’arbitrage ou pas, monter à la capitale n’est jamais anodin pour les Lensois.

Justine Vassogne

25/11/2008

Humour et art au centre culturel de La Madeleine

Des pans de murs tapissés de vinyles plus farfelus les uns que les autres, des mouches immenses suspendues au plafond, des canevas détournés : le collectif de la Girafe s’est emparé du Centre Culturel de La Madeleine. Une dizaine d’artistes émergeant y sévissent autour du thème « exposition punitive. »

« On a exploité le thème punitif sous divers angles, explique Toffeur, l’un des artistes adossé à une installation évoquant le sadomasochisme. Ça peut être sexuel, militaire ou autre. C’est surtout de la parodie, voire de l’auto-parodie parfois parce qu’on n’aime pas se prendre au sérieux ». Sous l’inspiration de la culture rock et des séries Z, de nombreuses pochettes de 33 Tours ont ainsi été revisitées à coups de pastiches, calembours et autres détournements. Chantal Goya se transforme alors en zombie et le chanteur Renaud en chantre du camembert.

Le décalage entre matériaux et œuvres est également omniprésent. Plutôt que d’utiliser des toiles déjà calibrées, bon nombre d’artistes utilisent des supports insolites tels que des sous-bocks, des morceaux de bâches, des canevas ou encore des emballages de jeux vidéo. Le tout permettant d’évoluer dans des univers différents. « On a voulu jouer sur l’accumulation des œuvres sous la forme d’un couloir déambulatoire, commente Sébastien Wavrant, responsable des expositions au sein du centre culturel de La Madeleine. L’idée c’était de recréer l’ambiance d’un cabinet de curiosité ». Béatrice et Régine semblent avoir été conquises par le concept. « Je me dis que j’habiterai bien ici, lance Régine. Tout cet univers, ces couleurs. J’ai un vrai coup de cœur pour cet état d’esprit. Je découvre ces mouches géantes, mais elles sont bien trop belles pour me faire peur. » Une exposition à découvrir jusqu’au 25 novembre au Centre Culturel de La Madeleine.

Catherine Bouteille

21/11/2008

L’extrême neutralité de la maison du peuple flamand.

Het Vlaams Huis.JPGUn portail blanc, une pancarte d'apparence anodine qui annonce simplement : Maison du Peuple Flamand – en flamand, Het Vlaams Huis. Bientôt sept mois que ce local est ouvert à Lambersart, à l'initiative des associations Jeanne de Flandre et Terre Celtique. Une présence de plus en plus contestée. Le 4 octobre dernier, le Comité de Vigilance Antifasciste (CVA – gauche et extrême gauche) manifestait contre la présence de cette maison à la vocation officiellement culturelle. Pourtant, la Maison du Peuple Flamand est à l’origine d’une liste pour les municipales. « Lomme Libre », née officiellement le 29 octobre, se battra pour l’indépendance de Lomme vis-à-vis de Lille.

Côté Vlaams Huis, le bibliothécaire du local feint de s’étonner : « nous avons voulu reconstituer l’ambiance d’un estaminet flamand, avec sa dimension sociale et culturelle ». Les responsables nient tout lien officiel avec les partis politiques : la maison propose des cours de flamand, de sport de combat tel le krav maga, méthode d’autodéfense de l’armée israélienne, ainsi que conférences, aides à la recherche d’emploi, soirées. Autre particularité, elle propose aussi le gîte et le couvert.

Au-delà de la défense de l’identité flamande, s’affiche une volonté de s’impliquer dans la vie sociale de quartiers populaires comme Fives, où le projet d’une deuxième maison « est […] dans les cartons ». Son ouverture « aurait une visée plus sociale que culturelle, contrairement à la maison de Lambersart », indique Virgile.

La politique en filigrane

« Contrairement à ce qui a été raconté, le Vlaams Belang (ndlr : le parti séparatiste flamand en Belgique) ne finance pas la maison » affirme-t-on ici. Il n'empêche, Vladimir Nieddu de l'Union syndicale Solidaires, en demande la fermeture au maire de Lambersart. Le CVA dénonce « un lieu de rassemblement de divers mouvements fascistes qui ne cachent en rien leurs affinités avec la mouvance extrémiste européenne, notamment néonazie ». En effet, malgré ce discours officiellement non partisan, la décoration des lieux est sans équivoque. Des autocollants du parti séparatiste s’affichent sur tous les murs. Difficile dans ces conditions de ne pas supposer une affinité entre ceux qui fréquentent la maison et le Vlaams Belang.

La Maison a par ailleurs invité le 13 septembre le NSV, un  syndicat d’étudiants belges lié au Vlaams Belang, pour boire des bières et chanter en flamand. Mais plus que ça, les sympathies affichées dans la décoration comme dans les discours témoignent d’une identité politique orientée à l’extrême droite : FPÖ autrichien (le parti de Jörg Haider), Ligue du Nord (Italie), nationalisme serbe… La revue des Identitaires, un courant d’extrême droite européen, est à la disposition à côté du bar.

A l’heure actuelle, la Vlaams Huis ressemble à un lieu de rendez-vous de différentes mouvances d’extrême droite plutôt qu’au dernier village flamand qui résiste à l’envahisseur français.

Gaël Lorenz et Elisabeth Laneyrie

 
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