Avertir le modérateur

14/12/2008

Bienvenue chez les flamands... ou pas

Ne lui demandez pas s'il est fier d'être ch'ti ! « C'est quoi les Ch'tis ? Des illettrés buveurs, des cas sociaux... et au départ, ce sont des picards. » Depuis plus de 20 ans, Wido Triquet milite pour la reconnaissance de l'identité flamande, quitte à employer la violence. Le secrétaire national du mouvement flamand de France a d'ailleurs été condamné le 10 juillet dernier pour avoir menacé la vie du principal d'un collège de Dunkerque. Le nouveau nom du collège ne plaisait pas à Wido : on ne quitte pas Michel de Swaen, « poète flamand », pour Lucie Aubrac, « juive communiste ».

Flamand d'adoption

L'architecte retraité a pourtant la bonhommie d'un grand-père. Un peu grande gueule mais bienveillant. Le cheveu blanc, le crâne dégarni, Wido a le physique d'un homme qui ne se refuse pas de temps en temps une bière – flamande, de préférence. Curieusement, le militant flamand n'est cependant pas un natif de la région puisque Guy-Maurice Triquet est né à Paris en 1938. Le surnom Wido, traduction de Guy en flamand, ne viendra que plus tard. Il confesse même des origines picardes autant que flamandes, et avoue que ses parents ne lui ont guère parlé de leurs racines : « ils voulaient tourner la page ». Le futur militant a pourtant choisi l'architecture nordique pour sa maîtrise d'urbanisme. Si ses voyages dans l'Europe flamande le marquent, ce n'est qu'en 79 qu'il quitte Paris pour la Flandre. Il travaille alors pour l'agence d'urbanisme de Dunkerque.

La Flandre aux flamands

Quelques dix ans après son installation dans la région, Wido Triquet commence à militer activement pour la reconnaissance de l'identité flamande. Jusqu'à employer la violence, ne serait-ce que verbale : il est condamné à plusieurs reprises. Il met souvent sur le même plan sa région et l'Algérie des années 1950, découverte pendant son service militaire. « C'était l'ambiance d'un pays occupé. A Oran, il n'y avait qu'une vérité : Paris. Comme aujourd'hui pour nous, il n'y avait qu'une langue ». Et selon lui, éradiquer les particularismes conduit à la guerre. A l'image des indépendantistes algériens, le mouvement flamand a d'ailleurs fondé son « gouvernement provisoire de la République Flamande ». Wido n'a pas de mots assez durs pour qualifier les enseignants de la « gôche progressiste » et la « France colonisatrice », qui « refuse de reconnaître la langue flamande ». Pour ce résistant auto proclamé, le film de Dany Boon est une « campagne orchestrée pour éradiquer la culture flamande ». « Nous ne devons pas et nous ne voulons pas nous soustraire de la France. On veut juste réintégrer une culture locale », résume notre flamand. Il assure aussi n'avoir aucun lien avec l'extrême droite. Il n'empêche : « Les Français dehors, la Flandre aux Flamands ! »

Elisabeth Laneyrie et Catherine Bouteille

20:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3)

Les Flamands s'enflamment

A Bergue, le Ch'ti fait débat. A l'image de Wido Triquet, militant flamand, certains considèrent même le film de Dany Boon comme une insulte à leur identité flamande. C'est la guerre des autocollants : les uns (tout de même majoritaires) affichent « bienvenue chez les Ch'tis » sur leur voiture et s'interpellent à coup de « biloutes ».

D'autres s'en outragent, et on voit fleurir à certaines fenêtres ce petit autocollant qui annonce « Bienvenue chez les Flamands » au dessus du Lion de Flandre. En français et en flamand, comme il se doit. Dans un café – pardon, un estaminet, on nous précise : « Ici vous êtes en Flandre. On sait parler un bon français, nous ».

E.L et C.B

20:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

11/12/2008

Un médecin du Nord a sa méthode pour lutter contre l’autisme

 Non reconnue en France, la méthode ABA est expérimentée à Lille depuis deux ans. Avec l’appui de Francis Perrin, parrain de l’association Pas à Pas, le docteur Rivière entend prouver les bienfaits de sa méthode.

Il est assis mais, l’espace d’un instant, on le perd, il n’est plus là. Son regard s’échappe. Puis il revient. Il pose le doigt sur la lettre « A » et lève les bras. Il entend les consignes. Mieux, il y répond. Vincent, 8 ans, est autiste. Il est suivi depuis un an par le docteur Rivière, dans le Nord, au Centre Camus de Villeneuve-d’Ascq. Vinca Rivière est la seule en France à expérimenter l’analyse appliquée du comportement, plus généralement appelée méthode ABA.

Exercice après exercice, l’équipe du centre Camus apprend aux jeunes autistes à exprimer leur mécontentement, leur gêne et leurs besoins de manière adaptée. « Il faut tout leur réapprendre au niveau du vocabulaire, des consignes très simples qu’ils ne comprennent pas forcément », explique le Dr Rivière. Cette méthode a fait ses preuves dans de nombreux pays mais en France, elle n’est pas encore reconnue. Pourtant, la méthode ABA ouvre de nouvelles perspectives et les résultats sont encourageants. Et plus l’enfant est pris en charge tôt, plus elle est efficace. Des études ont montré qu’après 2 ou 3 années de traitement, 70% des enfants retrouvent des capacités intellectuelles ordinaires. Le Dr Rivière est encore plus optimiste : « 50% des enfants peuvent espérer rejoindre une scolarité classique », estime-t-elle.

Les résultats sont là

C’est le cas de Louis, fils de Francis Perrin, diagnostiqué autiste dès l’âge de deux ans. Le parrain de l’association Pas à Pas utilise sa notoriété et milite pour que cette méthode soit reconnue en France. « Le problème est beaucoup plus profond : en France, il semble inconcevable de traiter un enfant atteint d’autisme sans médicalisation. Il est impératif aujourd’hui de comprendre qu’il s’agit de la seule discipline (NDLR : la méthode ABA) ayant donnée des résultats scientifiquement prouvés et répliqués dans le monde entier. Il faut donc que l’Etat français donne des moyens financiers pour former un plus grand nombre de psychologues ».

L’assiduité du travail avec l’enfant est l’autre caractéristique de la méthode ABA. Chaque enfant est pris en charge 30 à 40 heures par semaine par deux éducateurs formés, une psychologue spécialisée ainsi que des étudiants stagiaires. Un aspect décrié par les détracteurs de l’ABA qui estiment qu'elle n'apporte pas de véritables améliorations, mais apprend à l'enfant des réactions stéréotypées. Ils n’y voient qu’un « dressage intensif  ». Francis Perrin regrette qu’à l’université de Lille-III, « il y ait des psychologues qui soient farouchement contre cette méthode et mettent des bâtons dans les roues du Dr Rivière ».

Quoi qu’il en soit, les résultats sont là, probants, spectaculaires. « Pour Louis, il y a eu un avant et un après ABA », confie Francis Perrin. « Ce traitement est fantastique parce qu’il ouvre à la communication et aux autres. » L’acteur a souvent interpellé Xavier Bertrand sur la non-reconnaissance de l’ABA en France. Depuis, l’ancien préfet du Nord Daniel Canepa a donné son feu vert à une expérimentation de deux ans au centre Camus. Il y a aujourd’hui 844 familles sur liste d’attente pour intégrer le centre Camus, et la liste ne cesse de s’allonger pour Vinca Rivière. Pour développer l'expérience, l’Etat a dégagé une subvention d’un million d’euros. Au lieu de 6, c’est maintenant 20 enfants qui sont pris en charge par l’équipe du Dr Rivière. Le travail des défenseurs de la méthode ABA commence à porter ses fruits mais le chemin est encore long pour que « tous les Louis de France puissent retrouver cette dignité et cette autonomie », conclue Francis Perrin.

Grégory MASSART

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu