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15/11/2008

Nouveaux conseils de quartier, les habitants au pouvoir ?

« Lille est la ville du dialogue et de la participation des habitants à la vie de la cité », annonce la brochure de la mairie de Lille sur la démocratie participative. Premier niveau de participation des Lillois : les dix Conseils de quartiers. Grande nouveauté depuis l’élection du Conseil Municipal au printemps, le collège des habitants est tiré au sort et représente un tiers des conseillers, contre un quart auparavant. Un pas de plus dans l’implication des citoyens à la vie politique et de deux à quatre habitants supplémentaires selon les quartiers.

Depuis mai, trois conseils sont passés. L’heure d’un premier bilan a sonné. « Sur les dix, quelques uns ne sont pas encore installés », concède Walid Hanna, conseiller municipal en charge de la démocratie participative. « Au dernier Conseil Municipal, il manquait sept à huit personnes », indique Dominique Plancke, élu vert. En cause, le refus de certains habitants tirés au sort de siéger et quelques démissions en cours de mandat. Pour les prévenir, la mairie a sorti dix fois plus de noms.

Dans le Vieux-Lille par exemple, les neufs habitants ont accepté d’emblée, mais deux ont démissionnés depuis : « Un n’est jamais venu […] un autre nous a écrit qu’il ne c’était pas rendu compte de l’importance du travail », explique Marc Bodiot, président du Conseil de Quartier. Ces absences n’entament pas pour autant le bon fonctionnement des conseils constitués pour les deux-tiers restants par des membres désignés par le Conseil Municipal et des représentants des associations.

« Aucun pouvoir de décision »

Être membre du conseil confère aux citoyens des responsabilités et un vrai pouvoir politique, met en avant la mairie. « Le Conseil de quartier ne donne pas que des avis. Aucune décision sur le quartier ne peut passer au Conseil Municipal sans lui », avance Walid Hanna. Propos repris en écho par le président du Vieux-Lille : « Ce n’est pas un poste honorifique. Le conseil a un véritable pouvoir de décision, étant donné qu’il a un budget décentralisé notamment pour octroyer des fonds aux associations. » Un budget à hauteur de 240 000€ pour le secteur historique de la métropole, mais différent selon les quartiers.

De leur côté, les habitants sont plutôt satisfaits de leur nouveau rôle, mais ne se font pas d’illusions. « Notre rôle est très intéressant. Mais nous n’avons aucun pouvoir. Les idées se créent ici et s’en vont en mairie », souligne Daniel Pouilly, membre du collège des habitants des Bois Blancs. Même son de carillon dans le Vieux-Lille pour René Louchart : « J’imaginais que je n’aurais aucun pouvoir étant donné que je n’étais pas élu même si mon rôle est plus large que je ne pensais. Au final, je ne suis qu’un vingt-septième des voix. »

Pour l’opposition municipale, l’Union Pour Lille, les Conseils de quartiers, et par extension, l’habitant n’a « aucun pouvoir de décision. » Si pour Brigitte Mauroy, conseillère municipale, « la démocratie participative n’est pas une mauvaise idée », l’élue de La Gauche Moderne ajoute : « elle est  mise à mal dans le quartier. Dans certains, les infos ne remontent pas jusqu’à la mairie. Le plus important est que l’information passe du conseil de quartier au conseil municipal. Or l’information ne se déplace pas dans ce sens là. »

À l’hôtel de ville, les conséquences seront tirées à mi-mandat. « Il faut se laisser jusqu’à février-mars le temps de prendre du recul et de bien observer », se justifie Walid Hanna. Rendez-vous est pris.

Maxime Marchon

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