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04/11/2008

L'Edhec ne connaît pas la crise

Dans les locaux imposants de l'Edhec, l’une des plus prestigieuses écoles de commerce de Lille, la crise financière actuelle ne semble qu'une rumeur lointaine. Ici, les étudiants s'habillent en Prada, les écrans s'illuminent de slogans et publicités pour vanter les mérites de la 'business school'. Alors que les bourses restent fébriles et que la récession menace plusieurs pays, à l'Edhec on temporise. « C'est un problème d'ordre conjoncturel », affirme ainsi Bruno Mayeur, responsable des études. « Les étudiants de l'Edhec ont été rassurés par leurs professeurs. Ils n'ont pas de soucis à se faire. » Il poursuit: « Sur les 120 étudiants engagés à suivre la majeure finance, aucun n'a décidé de changer de voie. »

Les profs sont optimistes…

La crise semble s'arrêter aux portes de la célèbre école de la rue du Port. « Je crois, sans vouloir être présomptueux, que les professionnels de la finance, s'ils vont moins embaucher dans les prochains mois, viendront toujours chercher des candidats au sein de l'Edhec », conclut-il. L'école de commerce serait donc un véritable bunker face aux tumultes actuels. Une place forte qui formerait tranquillement les financiers de demain. Bruno Mayeur prévient tout de même que « certains métiers au sein de la finance seront évités par nos étudiants ». Comme le métier de trader par exemple. Les salles de marchés sont en effet les principales victimes de la crise financière mais, « la finance, ce ne sont pas uniquement les salles de marchés », rappelle-t-il. Les étudiants pourraient toujours trouver du travail, moyennant une légère modification de leur projet professionnel.

… tandis que certains élèves préparent déjà un plan B

Les étudiants ne semblent pas partager l'optimisme de leurs professeurs. Camille, 22 ans, est étudiante en troisième année au sein de l'école. Elle s'avoue « contente de ne devoir chercher du travail que dans 18 mois ». Selon elle, les répercussions sur l'ensemble de l'économie se feront sentir tôt ou tard. Elle reste également sceptique face aux discours rassurants des dirigeants. Aurélie, 26 ans et ancienne diplômée de l'Institut d'études politiques de Lille, a choisi la majeure finance et souhaite justement travailler dans les salles de marchés. Après une année d'expérience dans le domaine, elle semble l'une des mieux armées pour y parvenir. Pourtant, la jeune femme décrit une situation sur les marchés « assez catastrophique ». Employée pendant neuf mois au sein de la banque Dexia, aujourd'hui en proie à d'importantes difficultés, Aurélie ne partage pas l'optimisme de ses professeurs. Au point de modifier son plan de carrière. « Je commence maintenant à échafauder un plan B, ce que je n'aurais jamais fait sans la crise », avoue-t-elle. « Je pourrais me reconvertir dans d'autres métiers, ou encore quitter la France pour travailler sur les marchés asiatiques, qui connaissent des difficultés moindres. » Pas d'inquiétudes donc. Les étudiants de l’Edhec échapperont, paraît-il, à la crise. Mais dehors, l'orage gronde toujours.

Lorrain Sénéchal

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