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20/10/2008

Concert live en crèche

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Crèche des Boules de gommes en plein cœur de Lille. Une quarantaine de bambins, une dizaine de mamans, cinq nourrices et deux papas assistent à l’heure du goûter à un concert privé d’une artiste britannique de renommée mondiale : Kate du groupe « This is the kit ! ». Si la scène a de quoi surprendre, elle devient une habitude en période de festival Radar.

Pour la deuxième année consécutive, le Grand Mix, scène de musiques actuelles de Tourcoing gérée par l’association La Passerelle, a programmé en ouverture de sa semaine musicale neuf concerts en crèches et haltes-garderies. L’idée est simple : s’évader du format classique du concert et offrir aux bébés à écouter les artistes de demain. « Les concerts en crèches sont une entrée pour faire découvrir des artistes à des petits. Car les enfants ne peuvent pas venir à nos concerts. Et pour l’artiste, c’est un autre rapport au public. Et ça les amuse », explique Julien, un des programmateurs du Grand Mix.

Sur son tabouret pour enfant, Kate du a en effet l’air de passer un bon moment. Sa fille Mo sur la jambe gauche, sa guitare sur la jambe droite, l’anglaise de Paris pousse la chansonnette en toute simplicité. Assis à quelques mètres sur des tapis de sols multicolores, les tout petits prennent plaisir à l’écouter. Tout comme papa et maman, qui sont les premiers à taper des mains et à mimer les chansons. A la fin des trente minutes, le public est conquis. Nicolas, papa de la petite Olivia, a apprécié la performance : « C’était vraiment sympa ! »

De son côté, l’artiste confirme qu’elle aussi a pris du plaisir. Même si elle avoue que la rencontre avec les tout petits est assez stressante. « Parfois je regarde tout le monde et je vois que c’est trop ennuyeux. […] Car les réactions des enfants sont assez pures. Alors que les ados eux savent comment se comporter dans un concert, les règles à suivre », déclare Kate.

D’un point de vue éducatif, l’expérience a également l’avantage de contribuer à l’éveil des enfants. Pour la directrice Mme Kassouh, l’autre bon point est l’origine anglo-saxonne des musiciens de la mini-tournée : « Nous avons souvent des ateliers musicaux avec des personnes spécialisées dans l’éveil musical. Mais pas des artistes de langue étrangère comme aujourd’hui. C’est bien ce côté multiculturel  ».

Dans une même logique de proximité et un même souci de toucher le plus large public possible, la maison tourquennoise propose entre le 02 et le 10 octobre des concerts en appartements pour les plus vieux. Et tout au long de l’année sont organisés pour les 6-12 ans des goûters concerts. Sortez les agendas et notez les dates.

Pour plus d’information sur le Grand Mix et les concerts en écoles : (http://www.legrandmix.com)

 

Maxime Marchon

Dominique Plancke, l'élu fauchait

« A défaut de paiement avant le 4 janvier, le Ministère Public devra procéder à votre incarcération... » Sourire aux lèvres, Dominique Plancke parcourt la lettre reçue, il y a quelques semaines, du Tribunal de Toulouse. Regard doux et petit pull négligemment posé sur une chemisette, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Mais derrière le conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et l'élu lillois, se cache un passé de faucheur. C’est d’ailleurs pour avoir arraché du maïs transgénique il y a deux ans qu’il vient d’être condamné à payer 12 000 euros. Une somme dont il vient de s’acquitter.

Ce qu’il craint le plus, c’est de perdre ses droits civiques. « Le fauchage ce n’est pas seulement le côté médiatique, c’est aussi un engagement personnel ».  Même si « le militantisme n'est pas un héritage familial », explique-t-il. Cadet d’un foyer de dix enfants, il a su conjuguer sa vie de militant, d’homme politique et de père de famille. Même s’il se défend du stéréotype « écolo », il se déplace en vélo ou en transports en commun. « A la maison il n’y a qu’une voiture pour cinq ! ». Il achète bio, utilise l’énergie solaire, et quand la famille se rend dans sa maison de campagne du Larzac, c’est par le train. Ses trois enfants sont sensibilisés à la cause environnementale, mais, contrairement à leurs parents, ne sont pas adhérents des Verts. Sa compagne soutient ses actions de fauchage sans y participer. « On ne peut pas se permettre de risquer tous les deux la prison », s’amuse t-il.

L’œil malicieux il poursuit : « mon premier fauchage remonte à 2001 », un acte justifié puisque selon lui « les OGM ne sont qu’un modèle d’agriculture qui vise à rendre les paysans dépendants des grandes firmes ». A 51 ans, il n’a rien perdu du jeune insoumis qu’il était en 1976 lorsqu’il rencontre pour la première fois dans le Larzac son ami José Bové. En 1984, il participe à la création des Verts, afin d’avoir « un pied dans les institutions et un autre dehors ». Un double visage qu’il aime partager avec les médias. Mais quand on lui demande de poser devant la plante verte qui orne son bureau, il s’inquiète : « Il ne faut pas que ça fasse trop cliché quand même ! »

 

Elisa Trannin et Yaël Goujon

14:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogm, fauchage, bové, verts

Vieux-Lille, la guerre des loyers

« Liquidation totale avant fermeture définitive du magasin » : voilà ce qu’on pouvait lire ce mardi 14 octobre sur la vitrine de la Maison Dhainaut, vendeur indépendant de meubles, rue Esquermoise à Lille. « Mon loyer a été multiplié par trois. Moi je veux bien travailler du lundi matin au samedi soir, mais je veux aussi gagner ma vie », explique madame Sénéchal, gérante du magasin.

Depuis quelques mois, de nombreux commerçants indépendants du Vieux-Lille sont confrontés à une hausse spectaculaire de leurs loyers. Certains, n’étant plus en mesure d’y faire face, ont protesté en baissant leurs rideaux le 20 mai dernier. Depuis, une pétition circule. Gilberto d’Annunzio, gérant de La Bottega dans la rue au Péterinck et chef de file du mouvement, fait le point : « Cette action a surtout permis une visibilité médiatique de notre problème. On a donc été les moteurs d’une prise de conscience. »

Les propriétaires et les investisseurs immobiliers légitiment la hausse des loyers par l’explosion touristique de la ville depuis Lille 2004. Benoît Dantec, directeur de la société immobilière hollandaise VastNed Retail, propriétaire de cinquante-six boutiques dans la ville, se justifie : « Lille est globalement sous-louée par rapport à son potentiel commercial. Notre ambition est aujourd’hui de se mettre aux prix du marché. » C’est ainsi que la Brasserie de Paris a du fermer ses portes le 30 septembre dernier. Cependant, Benoît Dantec précise que «les clients seront contents de pouvoir profiter d’une nouvelle supérette Casino à cet endroit. Ce n’est que la loi de l’offre et de la demande qui s’exerce. On n’y peut rien. »

La disparition des commerces de proximité

Certains commerçants n’acceptent pas cette fatalité et ont choisi l’action en justice. C’est le cas de Sylvain, gérant de La Chaise Longue, rue de la monnaie : « Mon loyer est actuellement de 2100 €, et mon propriétaire veut le faire passer à 6000 €. Il est architecte et vit dans les îles. Il a juste lancé la procédure comme ça, pour essayer. » Aujourd’hui, Sylvain garde espoir : la commission de conciliation, préalable au passage devant le juge, lui a été favorable.

Quant à la mairie, elle apporte un soutien sans précédent à ces commerçants depuis le 20 mai dernier. Une banque de données sur les loyers de la ville et un service juridique sont en cours de création pour les aider à trouver de bons arguments face à la justice. Jacques Mutez, conseiller municipal, délégué au commerce, commente : « Même si la mairie ne dispose que de moyens très limités, on espère mettre tout en œuvre pour permettre aux commerçants indépendants de se battre contre ces gens qui s’enrichissent sans cause. »

Les commerçants du quartier craignent désormais la disparition du commerce de proximité au profit des grandes enseignes. Gilberto d’Annunzio prend l’exemple des concerts et dégustations organisés près de Notre-Dame de la Treille ce dimanche 19 octobre : « Ce genre d’évènements existe grâce aux petits commerçants, c’est pas grâce à SFR ou EDF. C’est ce que les gens doivent comprendre et c’est à ça qu’aura servi notre action. »

 

Damien Deparnay et Anne-Sophie Terral

 
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