Avertir le modérateur

11/10/2008

Médecine, la pilule de l'intégration passe bien

" Au Nord c’était l’intégration, l’alcool c’était notre passion, le sexe notre motivation… "  Tel est le refrain entonné par une vingtaine d’étudiants de la fac de médecine Henri-Warembourg, lundi 29 septembre à Lille. Vêtues de minijupes, de débardeurs moulants, de bas résilles et de chaussures à talons, les " prostituées ", garçons et filles de deuxième année, doivent relever les défis lancés par les « blouses » de troisième année.

En réalité, le " bizut’ " de médecine dure deux semaines, marquées par différentes journées à thèmes et ponctuées par un week-end d’intégration. Au menu du jour, les nouveaux doivent parvenir à s’exposer dans les vitrines des magasins. Demain, les carabins devront se déguiser en personnes âgées. Les différents groupes sillonnent les rues de Lille et filment les défis les plus drôles, sous l'oeil amusé de Catherine, habitante de Lille : " Ce type d’intégration met de l’ambiance dans le centre et reste convivial, ce qui ne me dérange pas du tout. " Qu’ils soient bizuteurs, bizutés, ou spectateurs, ces deux semaines s’apparentent davantage à de l’intégration bon enfant qu’à un bizutage contraint.

" On peut commencer à s'amuser "

Les futurs médecins tiennent ainsi à se démarquer de l’affaire de bizutage de la faculté de médecine d’Amiens, révélée par RTL fin septembre. Le reportage en question faisait état d’humiliations, notamment à caractère sexuel. " À Lille, ce sont les troisième année qui intègrent les deuxième année, au contraire d’Amiens où ce sont les doublants de première année qui bizutent les nouveaux arrivants. Ici, on a dépassé le stade de la compétition et on peut commencer à s’amuser ", confie Jean-Baptiste, un " blouse bizuteur ". Le but n’est pas d’humilier mais de créer des liens entre étudiants. A Lille, point de strip-tease ou de léchage de bananes pour défrayer la chronique.

Pourtant, même consenti, le bizutage reste sévèrement puni par le code pénal et constitue un délit passible de six mois de prison et de 7.500 € d’amende. Pour Grégory, étudiant de deuxième année, " ces règles sont dépassées et ne correspondent plus du tout aux nouvelles réalités du bizutage ". Même son de cloche au sein de la direction. Comme l'affirme le docteur Jean-Bernard Savary, assesseur chargé du premier cycle des études médicales de Lille : " Le bizutage est un terme à bannir. Je suis convaincu que les étudiants de Lille procèdent à une intégration, et non à un bizutage. Dans le cas de délits éventuels, des sanctions seraient rapidement prises contre les responsables. " 

Damien Deparnay

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu