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21/12/2009

Plongez en équipe

La France est championne du monde en hockey subaquatique, mais peu de gens le savent. J’ai testé pour vous ce sport étonnant. Du hockey subaquatique, quelle drôle d’idée ! Et pourtant, ça vaut le coup. L’objectif est simple : envoyer le palet dans les buts adverses. L’exercice l’est moins, puisqu’il s’agit de le faire sous l’eau, armé d’une courte crosse, d’un masque et d’un tuba. Sarah, une des joueuses, me propose de taquiner le palet. Je lui emprunte une crosse (la noire, il en faut aussi une blanche, pareil pour les bonnets, pour distinguer les équipes) et prends une grande respiration. Je me passe du tuba, qu’il faut trois à quatre séances pour apprivoiser. Deux autres joueuses ont accepté de faire quelques échanges avec moi. Je comprends alors pourquoi le hockey subaquatique est tout particulièrement un sport d’équipe. Après quelques secondes dans l’eau et à peine quelques mouvements, on est obligé de transmettre le palet à un coéquipier et de remonter. Impossible ici de gagner seul. L’eau permet d’évoluer en trois dimensions. Elle constitue aussi un obstacle majeur, la principale limite imposée au joueur. Sarah s’ennuyait en natation et a dépassé ses stéréotypes pour participer à une séance de ce sport peu commun. Cela fait aujourd’hui quatre ans qu’elle en fait deux fois par semaine, et elle compte bien continuer. L’équipe féminine oscille entre D1 et D2. L’équipe masculine est sixième de la première division, et compte un champion mondial. Leur entraînement est dur à suivre pour une asthmatique comme moi. Mais je suis loin de regretter d’être venue. L’aspect esthétique me laisse médusée. Il y a quelque chose de la danse d’un banc de poissons dans leurs mouvements. C’est impressionnant à voir, et j’en oublierais presque de remonter respirer. Ils sont six par équipe. Il n’y a pas de gardien devant les buts posés au fond de l’eau. Derrière l’avant-centre, une « aile » de chaque côté, un « arrière », puis deux « pivots ». Les matchs durent deux fois 15 minutes. Parfois un peu moins. Ils se jouent dans la largeur du bassin, pour éviter un trop grand dénivelé entre les deux buts. Le match auquel j’assiste en premier est à quatre mètres de profondeurs : l’endurance compte beaucoup. A deux mètres de profondeur, le jeu est plus rapide. Les joueurs mettent moins de temps à remonter respirer. A chaque fois, ça se bouscule autour du palet… parfois un peu fort. Pourtant, le hockey subaquatique n’est pas réservé qu’aux garçons. Ni aux forts gabarits. Les muscles se développent plus en finesse qu’en volume, de manière équilibrée : bras et jambes fonctionnent en continu. L’apnée oblige à travailler l’endurance et à connaître ses limites. Jeu en équipe, danse aquatique, maîtrise de soi : c’est un beau sport. A vous de jouer.

 

Complexe universitaire sportif José Savoye : séances le mardi de 20h à 20h30 et le vendredi de 20h à 22h.

Entraînement pour les jeunes, à partir de 10 ans : samedi, de 18h à 20h30.

informations disponibles sur : http://lille.hockeysub.free.fr/

Fédération : Fédération Française d'études et de sports sous-marins (FFESSM)

CHLOE MAHIER

21:05 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

25/11/2009

Auxi enfile ses gants pour un gala

"Je suis venue par curiosité", raconte cette jeune habitante d'Auxi-le-Château. Comme elle, samedi soir, nombreux étaient les novices présents à la salle des sports de la commune à venir assister au Gala de boxe. Au menu : dix-sept finales départementales du Pas-de-Calais et deux combats professionnels. "Une soirée qui a permis, entre autres, aux anciens de se retrouver" commente Jean-Jacques Dewarumetz, adjoint aux sports de la ville. Sous-entendu, les anciens du club de boxe d'Auxi, fermé depuis 1982 suite au décès de son entraîneur.

Le doyen de la soirée, l'ex-boxeur René Brunet, a pour l'occasion retrouvé une vieille affiche d'un combat qu'il avait gagné contre un Algérien. C'était il y a cinquante ans jour pour jour. Une madeleine de Proust qui le replonge à l'époque où Auxi organisait ses galas, une fois par mois à la salle des fêtes. René Brunet constate que "l'ambiance est toujours aussi bonne" et que rien, quasiment, n'a vraiment changé, si ce n'est qu'il n'y avait pas de sponsors à l'époque : "Les cafés nous prêtaient des chaises et il fallait les remettre à leur place le lendemain" se souvient-il. Des difficultés matérielles toujours d'actualité : pour recevoir une finale départementale, Auxi, qui n'a plus de club devait s'allier avec un club d'une autre commune. C'est donc celui de Berck-sur-mer, qu'Auxi a soutenu quand il avait traversé des difficultés, qui lui a prêté main forte.

Les officiels étaient donc naturellement de la partie : le maire Henri Dejonghe en a profité pour vanter au micro les mérites de la boxe : "Si on pouvait avoir plus de jeunes qui fréquentaient les clubs de boxes, on réglerait quelques problèmes de sécurité".

Loin de ces préoccupations, les entraîneurs ont donné de la voix pendant toute la soirée. Chacun allant de ses conseils : "Vas-y Tom, c'est qu'un nez rouge"! Ou alors "serre tes coudes Sofiane"! Une agitation sonore aussi palpable dans le public de supporters. Parmi eux , Elisabeth, 33 ans, est une passionnée. "La boxe, ce n'est pas du combat de rue, c'est de la technique. Et ici, l'ambiance est sympa, chacun se donne au maximum". Ce soir, elle est venue encourager ses camarades du club de Berck dans lequel elle boxe en amateur.

Sur le ring, Marion Weber, 20 ans, n'est pas venue jouer les figurantes. Victorieuse au combat, cette étudiante, dans le coin bleu, a mis K.O son adversaire. Belle contribution au palmarès du club de Berck : six victoires sur six combats! Ce n'est pas un hasard pour l'entraîneur Gilles Lelong, ex-champion de France. "Avec eux je suis très strict, ils ne montent pas sur le ring si ils ne sont pas au niveau". Mais il ne boude pas pour autant son plaisir de savourer la victoire "je suis très heureux. C'est une récompense pour les gamins qui ont été assidus." Prochaine étape : le championnat des Flandres.

HELENE FARGUES

14:40 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auxi, gala, boxe, ring

« Il y a toujours un risque lorsque l’on gère la nature humaine »

Loïc Binault est juge d'application des peines de l'arrondissement judiciaire de Lille depuis six ans et secrétaire de section de l'Union Syndicale de la Magistrature.

 

- Les juges d'application des peines font la Une des médias avec l'affaire de la joggeuse assassinée et le procès Evrard qui s'est tenu aux Assises de Douai...

Loïc Binault : « On nous montre simplement du doigt comme ceux qui remettent les violeurs en liberté... Mais il faudrait que les gens sachent que c'est le législateur qui a prévu que, quand vous entrez en prison, vous avez automatiquement une réduction de peines prévue. L'équivalent de trois mois par an, deux mois pour les récidivistes. »

- Mais vous êtes également chargés du suivi des individus en dehors de la prison, comme pour Francis Evrard qui était suivi par un juge d'application des peines lorsqu'il a récidivé...

L.B : « En effet. Depuis quelques années, le juge d'application des peines devient également le juge de l'après peine. Il doit aussi faire appliquer les mesures de sûreté, c'est-à-dire que la personne est suivie par le juge pendant une période équivalente aux réductions de peine qu'il a obtenues. Le problème avec Evrard, c'est qu'il n'a pas arrêté de vadrouiller après sa sortie. Or, le juge compétent est celui du lieu de résidence. Et les dossiers ont eu du mal à suivre. »

- Comment croire à la réinsertion de certains délinquants sexuels tels que Francis Evrard, qui est multirécidiviste et a passé plus de la moitié de sa vie en prison ?

L.B : « Il y a deux points de vue. Soit on se dit que si le suivi avait été renforcé, il aurait pu limiter ses pulsions. Soit on cherche des nouvelles mesures comme le placement sous surveillance électronique mobile - un bracelet électronique avec un système GPS intégré. Techniquement, ce n'est pas vraiment au point. J'ai déjà eu des cas où l'alarme du bracelet se déclenchait sans raison, six à sept fois par jour... Dans la nouvelle loi pénitentiaire, la rétention de sûreté a été créée pour les profils du type Evrard. Après la fin de la peine, si l'individu est considéré comme encore dangereux, il est placé dans une sorte d'hôpital-prison. Le Conseil constitutionnel ne considère pas ça comme une double peine. C'est très discutable. C'est tout de même une nouvelle peine après la peine. »

- Légiférer ne semble donc pas la bonne solution selon vous ?

L.B : « Mon impression, c'est que l'on essaie de faire croire qu'en créant une nouvelle loi, on va régler tous les problèmes. Mais l'arsenal législatif actuel est bien suffisant ! Il faut être lucide, le risque zéro n'existe pas. Quand il y a un crash aérien, qui aurait l'idée d'interdire les voyages en avion ? Personne. Les accidents sont très rares, alors on continue de prendre l'avion. Ce qu'il manque, ce sont des éducateurs de terrain, des psychiatres, des médecins coordonnateurs, des greffiers... J'ai moi-même plus de 800 dossiers à gérer. Il faudrait donc faire un état des lieux, mais je pense qu'il est trop bien connu des politiques. Ils ont choisi de faire l'autruche. »

- Ou de mettre en cause la responsabilité des juges d'application des peines comme Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, à propos du meurtrier présumé de la joggeuse...

L.B : « Cela me reste en travers de la gorge...En l'occurrence, il a été remis en liberté parce qu'il avait fini sa peine et le juge n'y pouvait plus rien. Quand il y a une affaire tragique, on cherche un coupable et, depuis Outreau, le juge est la première cible. Le problème, c'est que le même pouvoir veut à la fois que l'on inflige des peines lourdes pour les récidivistes et que l'on vide les prisons qui sont pleines. On finit par ne plus être serein dans le métier. On se dit « si jamais il récidive, je suis fusillé ». La crainte, aujourd'hui, c'est que le juge ne devienne responsable de ses décisions juridictionnelles. On aurait besoin d'une assurance comme les médecins... La société va beaucoup trop loin. Il y a toujours un risque lorsque l'on gère la nature humaine.»

- N'y a-t-il pas tout de même des améliorations à apporter dans le système actuel ?

L.B : « Bien sûr. Il faudrait déjà soigner ces personnes en prison, ce qui est loin d'être le cas. Il faudrait aussi pouvoir améliorer la coordination entre le monde médical et judiciaire. Par exemple, je ne sais pas du tout si celui qui va voir son psychiatre en prison souffre de ne plus voir sa femme ou essaie de comprendre pourquoi il a agressé une petite fille dans la rue. Et puis, il y a une chose à garder en tête : la récidive concernant les crimes sexuels ne concernent qu'une infime poignée d'individus. Doit-on alors créer une société ultra-sécuritaire pour une minorité de cas, ou se contenter de renforcer ce qui existe déjà en accordant à la justice des moyens suffisants ? »

Propos recueillis par LUCIE SOULLIER ET ARNAUD LEFEBVRE

 
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